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Menée pour une 10e année, l’enquête Conjoncture 2021 a été réalisée du 23 novembre au 11 décembre auprès de 453 gestionnaires et dirigeants d’entreprise de la région de la Capitale-Nationale.
Menée pour une 10e année, l’enquête Conjoncture 2021 a été réalisée du 23 novembre au 11 décembre auprès de 453 gestionnaires et dirigeants d’entreprise de la région de la Capitale-Nationale.

Perspectives économiques en 2021: les chefs d’entreprises prudents, mais confiants

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Malgré la pandémie, les chefs d’entreprise de la Capitale-Nationale demeurent confiants même s’ils se montrent prudents quant aux perspectives économiques en 2021. C’est la conclusion d’un sondage Léger (bureau de Québec) commandé par Québec International et la Chambre de commerce de Québec.

«Les dirigeants d’entreprises demeurent prudents en ce qui a trait à 2021, mais en même temps, ils font une évaluation somme toute plus positive qu’en 2020», a expliqué Mme Cyntia Darisse, vice-présidente, bureau de Québec, pour Léger. «Ils croient que 2021 sera meilleure. On a des indices de confiance à 63.8 [sur une échelle allant de -100 à + 100] pour 2021. De plus, le sondage révèle que la majorité des entreprises compte investir et embaucher. 

«Par contre, ce qu’il y a de particulier cette année, c’est un écart type qui est particulièrement grand dans les évaluations que les chefs d’entreprise font de l’année 2020. On a des gens qui ont donné des notes particulièrement faibles et d’autres beaucoup plus fortes, ce qui fait en sorte qu’en moyenne, on se retrouve avec un indice somme toute positif qui dénote que la confiance est là.»

Menée pour une 10e année, l’enquête Conjoncture 2021 a été réalisée du 23 novembre au 11 décembre. Un nombre record de 453 gestionnaires et dirigeants d’entreprise de la région de la Capitale-Nationale a répondu au sondage Web. Un échantillonnage impressionnant selon Mme Darisse ce qui équivaut à une marge d’erreur maximale de plus ou moins 4,6 %. «Un échantillonnage béton qui nous a permis de toucher à tous les secteurs d’activités de façon proportionnelle et à toutes les tailles d’entreprises.»


« La pandémie n’a pas enrayé le problème de pénurie de main-d’œuvre. Plus de huit entreprises sur 10 (88%) ont de la difficulté à recruter du personnel. Le recrutement et la rétention de main-d’œuvre demeurent les deux plus grande inquiétudes pour les dirigeants d’entreprise en 2021 (48%) »
Cyntia Darisse, vice-présidente, bureau de Québec chez Léger

Faisant d’abord un retour sur 2020, le sondage Léger a évalué la situation économique des entreprises sondées au niveau de leur secteur d’activités. Trente-quatre pour cent des gestionnaires interrogés ont indiqué que 2020 avait été une année difficile. Une statistique qui se reflète aussi dans le taux moyen de l’indice portant sur l’évaluation de la situation économique qui est passé de 75,5 en 2019 à 60,4 en 2002.

«On a évidemment perdu des points, mais c’est loin de la catastrophe», a expliqué Mme Darisse. «Nous sommes dans les indicateurs que l’on obtenait grosso modo en 2013, 2014 et 2015. Les dirigeants d’entreprise demeurent prudents en ce qui a trait à 2021 (63,8), mais en même temps, ils font une évaluation somme toute plus positive qu’en 2020. Et à leurs yeux, la région de la Capitale nationale s’en sortirait le mieux en 2021 au niveau des perspectives économiques comparativement que le Canada, les États-Unis, à l’Union européenne et le reste du monde.»

Interrogé sur les secteurs d’activités qui avaient le moins souffert de la pandémie, M. Carl Viel, président-directeur général de Québec International, a mentionné que celles-ci œuvraient dans les domaines de l’assurance, des sciences de la vie, de l’agroalimentaire, des technologies de l’information et des jeux vidéo, des secteurs qu’il a qualifiés d’anticycliques.

Les investissements

Le sondage Léger a révélé que 57 % entreprises comptaient investir en 2021, une baisse par rapport à 2019 (68 %). Les dirigeants sondés ont indiqué qu’ils prioriseraient la recherche et le développement, (50 %) et l’informatique (45 %), des résultats semblables à 2020. En revanche, les investissements dans les équipements autres qu’informatique et l’immobilier seront en forte diminution par rapport à 2019. La volonté d’acquisitions et d’expansions est cependant plus grande qu’il y a un an.

L’enquête a révélé que 46 % des entreprises de la région avaient dû procéder à des mises à pied temporaires ou permanentes en 2020. En contrepartie, des embauches ont aussi été faites. Soixante pour cent des entreprises sondées montraient, en décembre 2020, un bilan neutre ou positif au niveau du nombre d’employés comparativement à celui qu’ils avaient en janvier 2020. Près des deux tiers des entreprises sondées prévoyaient augmenter leur nombre d’employés en 2021 et 14 % pensaient le diminuer.

«Une entreprise sur deux (49 %) parmi celles qui envisagent faire des embauches le feront pour soutenir leur croissance», a analysé Mme Darisse. «Un des faits importants à retenir de la présente étude est que la pandémie n’a pas enrayé le problème de pénurie de main-d’œuvre. Plus de huit entreprises sur 10 (88 %) ont de la difficulté à recruter du personnel. Le recrutement et la rétention de main-d’œuvre demeurent les deux plus grande inquiétudes pour les dirigeants d’entreprise en 2021 (48 %). Pour 61 % d’entre elles, cette pénurie affecte leur croissance. Parmi les solutions pour atténuer cette pénurie, la plus populaire a été l’allègement des processus pour avoir accès aux travailleurs issus de l’immigration (21 %).»

Selon le président et chef de la direction de a Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ), M. Steeve Lavoie, le recrutement de personnel pourrait être un enjeu majeur dans certains secteurs comme la restauration, l’hôtellerie, le tourisme et la culture. Ces secteurs ayant été fermés, les gens qui y travaillaient se sont réorientés et requalifiés, et ils ont migré vers d’autres secteurs. Manquant déjà de personnel avant la pandémie, certains pourraient ne pas pouvoir ouvrir leur établissement en 2021, faute d'effectifs.

Compte tenu de la situation exceptionnelle de 2020, le sondage a aussi abordé a question de la santé mentale. Près de la moitié des répondants à l’enquête (47 %) ont dit avoir une bonne santé mentale. Ce chiffre baissait cependant à 26 % chez dirigeants âgés de 25 à 34 ans. Un peu plus du quart des répondants (26 %) estimaient que leur santé mentale était meilleure que celles de leurs employés.