Plusieurs chauffeurs de taxi de la Rive-Sud réclament une indemnisation «plus équitable» pour compenser les pertes entraînées par l’arrivée d’Uber dans l’industrie.

Permis de taxis: Québec prêt à écouter les chauffeurs de Lévis

Québec ouvre la porte à des discussions avec les chauffeurs de taxi de Lévis au sujet de la baisse de la valeur des permis.

«C’est un enjeu important à nos yeux. L’oreille va être là», indique Sarah Bigras, attachée de presse du ministre des Transports, François Bonnardel. «S’ils désirent nous rencontrer, nous les invitons à passer par les canaux officiels», poursuit-elle.

Cette dernière rappelle que «le ministre des Transports a posé plusieurs gestes» pour aider l’industrie depuis son arrivée.

Le nouveau projet-pilote du gouvernement permet notamment à tous les taxis de Lévis de se rendre à la gare fluviale ou à la gare de Charny lorsque l’achalandage le réclame.

«La qualité, l’accessibilité et l’efficacité du service aux usagers continueront de guider l’orientation gouvernementale», écrit-elle dans un courriel.

Jeudi, Le Soleil révélait que les détenteurs de permis de la Rive-Sud n’avaient reçu que le montant de base de 1000 $ pour compenser les pertes entraînées par l’arrivée d’Uber dans l’industrie du transport rémunéré. 

À Québec, à titre de comparaison, les sommes ont varié entre 3 800 $ et 33 800 $, car ce territoire était touché directement par le projet-pilote encadrant l’entreprise américaine.

Le hic, c’est que la valeur des permis de taxi à Lévis a baissé davantage qu’à Québec, soit une chute de 28,5 % contre 25 %, selon un calcul effectué à partir des données fournies par la Commission des transports du Québec.

Cette situation a notamment créé la grogne chez plusieurs chauffeurs de la Rive-Sud qui réclament aujourd’hui une indemnisation «plus équitable». Ils rappellent qu’ils n’ont pas été invités à la table de négociations dans le cadre du projet-pilote.

Certains ont même affirmé au Soleil avoir entrepris des démarches pour joindre des élus au cours des derniers mois, mais en vain.

Vendredi, l’attachée de presse du ministre des Transports n’a pas voulu s’avancer à savoir si les détenteurs de permis de Lévis pourraient éventuellement recevoir une compensation financière.

«Ce n’est pas une information que j’ai en main ou que je peux confirmer. [...] Ce n’est pas quelque chose qui est officiellement discuté», répond-elle.

Entre 2014 et 2018, la valeur des permis de taxi à Lévis est passée de 104 725 $ à 74 813 $, toujours selon les données fournies par la Commission des transports du Québec.

Une cinquantaine de chauffeurs travaillent du côté sud du pont Pierre-Laporte.

Rappelons qu’en campagne électorale, la CAQ s’était engagée à autoriser Uber à Lévis.

En octobre dernier, La Cour supérieure a autorisé un recours collectif (Trudel Johnston & Lespérance) pour que les chauffeurs de taxi puissent poursuivre le gouvernement du Québec.