La pêche à la crevette commençait officiellement le 1er avril. Les pêcheurs reprochent aux transformateurs de leur offrir des prix «beaucoup plus bas» que ceux en vigueur à Terre-Neuve.

Pêche à la crevette: travailleurs mal pris en raison des retards

Les pêcheurs de crevette et les usines de transformation attendent l'aide d'un conciliateur dans l'espoir de s'entendre sur un prix au débarquement, plus d'un mois après le début officiel de la pêche. Les employés d'usine sont inquiets : certains ont déjà cessé de recevoir des prestations d'assurance-emploi et tous tomberont dans ce «trou noir» d'ici la fin mai.
Environ 300 travailleurs des usines gaspésiennes de Rivière-au-Renard, L'Anse-au-Griffon et Matane font ou feront face à cette période sans prestation ni paye.
«Ils ont deux préoccupations : d'abord l'absence de revenu. Et ils se demandent, quand la saison va commencer, s'ils vont travailler assez d'heures pour se qualifier à l'assurance-emploi, et assez pour tenir jusqu'au printemps prochain. C'est le début d'un cercle vicieux», explique Justin Arcand, conseiller syndical à la CSN. 
Le Conseil central CSN Gaspésie-Les Îles interpelle Québec et Ottawa pour trouver des solutions. Emploi-Québec n'a plus de programme pour dépanner les travailleurs, indique M. Arcand. «Les travailleurs sont prêts à accepter beaucoup d'options, mais ce qui les fâche, c'est qu'on ne leur en présente aucune.»
La pêche à la crevette commençait officiellement le 1er avril. Les pêcheurs reprochent aux transformateurs de leur offrir des prix «beaucoup plus bas» que ceux en vigueur à Terre-Neuve, indique leur négociateur, Patrice Element. 
Par communiqué, les usines font valoir que les pays producteurs de crevette ont d'importants inventaires à commercialiser parce que les prix élevés de l'an dernier ont découragé les consommateurs.
Un comité d'arbitrage de Terre-Neuve a imposé un prix minimum de 95 ¢ la livre pour 2017 dans cette province. L'an dernier, les pêcheurs qui livrent leur crevette aux usines du grand Gaspé ont obtenu en moyenne 1,18 $ la livre.
Les transformateurs sollicitent la Régie des marchés agricoles et le ministère du Travail pour dénicher un conciliateur qui pourrait rencontrer les deux parties dès cette semaine. Environ 50 navires du Québec, avec 200 pêcheurs à bord, capturent la crevette du golfe.