À l’usine de PCM Innovation à Sainte-Claire, les travailleurs fabriquent des moules et des gabarits qui sont utilisés dans la construction des avions.

PCM Innovation atterrit aux États-Unis

PCM Innovation vient à peine d’établir sa tête de pont en sol américain qu’elle annonce déjà ses couleurs. L’Europe n’a qu’à bien se tenir!

«Si nous voulons prétendre devenir un joueur mondial, il faut que nous ayons une place d’affaires en Europe», martèle Jean-François Hamel, le pdg de l’entreprise de Sainte-Claire dans la région de Bellechasse.

«J’aime nous comparer à une nouvelle équipe de hockey qui fait son entrée dans la Ligue nationale. Il faut graduellement gagner ses galons pour aspirer aux grands honneurs.»

Fondée en 2000, PCM est une PME d’ingénierie, de conception et d’entretien d’outillages spécialisés.

Elle déniche ses clients dans les secteurs du transport et de l’énergie, mais surtout dans celui de l’aérospatiale. À cet égard, elle est l’une des rares entreprises de la grande région de Québec à faire son pain et son beurre dans cette industrie hautement spécialisée.

Pour les Boeing, Airbus et Bombardier de ce monde, PCM conçoit des postes d’assemblage, des moules, des gabarits pour la production, par exemple, des ailes d’un avion.

La dernière fois que Le Soleil s’était entretenu avec Jean-François Hamel — il faut remonter à décembre 2015 —, son entreprise comptait 140 employés. Ils sont aujourd’hui 250.

Depuis ce temps, PCM a ouvert une usine à Querétaro au Mexique pour se rapprocher de Bombardier — qui y possède des installations — et des autres multinationales du monde de l’aviation.

À l’international

La PME a aussi réalisé une acquisition dans la région de Montréal. Et, la semaine dernière, elle plantait son drapeau aux États-Unis. Mieux vaut tard que jamais.

«Cette implantation au sud de la frontière, nous y avons travaillé intensivement pendant trois ans. Nous avions identifié des cibles sur la côte ouest, mais ça n’a pas marché», expose Jean-François Hamel.

C’est plutôt au Vermont que PCM a choisi d’implanter ses pénates avec l’aide d’Investissement Québec. «PCM se rapproche ainsi de ses marchés et consolide sa position de leader nord-américain de l’outillage composite», a fait valoir le pdg d’Investissement Québec, Pierre-Gabriel Côté. «C’est une belle illustration de l’internationalisation de nos entreprises.»

Les dirigeants propriétaires de Lucas Industries voulaient tirer leur révérence après une quarantaine d’années passées dans le monde des affaires. PCM est arrivée au bon moment.

L’entreprise d’une quarantaine d’employés située à North Springfield évolue dans le même secteur d’activités que PCM, celui de la fabrication d’outillages aéronautiques de précision. Au fil des ans, l’entreprise américaine — qui s’appellera dorénavant PCM Innovation USA — a développé une expertise de pointe en usinage de pièces en matériaux composites pour les hélicoptères. Un tout nouveau segment de marché pour la société bellechassoise.

«Il devenait critique d’avoir une présence plus importante aux États-Unis pour se rapprocher de nos clients», explique Jean-François Hamel. «Depuis quelques années, nous avions, là-bas, un petit bureau d’ingénierie. Il devenait essentiel de se donner une capacité de fabrication afin de pouvoir décrocher des contrats d’importance».

Il précise que les donneurs d’ordres américains préfèrent brasser des affaires avec des fournisseurs locaux.

Et ce n’est pas nécessairement lié à un mouvement de protectionnisme trop prononcé de leur part.

«Des lois et des règles très sévères régissent le secteur aérospatial américain, notamment en ce qui a trait à la protection des technologies et à la sécurité nationale. Malgré le fait que le Canada jouisse de certaines exemptions, les donneurs d’ordres américains préfèrent transiger avec des partenaires de leur pays, car ils craignent d’enfreindre la législation qui est extrêmement sévère et pointilleuse.»

Qui se compare se console

Comme toute entreprise en croissance, PCM peine à trouver des travailleurs pour pourvoir tous les postes vacants à l’usine de Sainte-Claire.

«C’est le plein emploi dans la région de la Chaudière-Appalaches. Nous le constatons plus particulièrement depuis un an. Par contre, je me console un brin en comparant notre situation avec celle d’autres employeurs de mon coin de pays. Parce que nous évoluons dans le secteur de l’aérospatial et que très peu d’entreprises dans la région touchent à cette industrie, nous réussissons à attirer l’attention de candidats à la recherche d’un défi professionnel différent», affirme le pdg.