À gauche, Odette Lemieux, la gérante générale du Marché du Store, en compagnie de deux conseillers au service à la clientèle, Rico Lafrance et Nathalie Dumais.

Payer ses clients pour trouver du personnel

Vous êtes un client du Marché du Store. Vous transmettez la candidature d’une connaissance au marchand qui cherche désespérément à pourvoir un poste de conseiller au service à la clientèle. Un beau 100 $ pourrait vous attendre si votre candidat réussit à épater le recruteur.

«Nous en sommes rendus là dans notre quête de main-d’œuvre!» pousse la gérante générale des magasins Le Marché du Store de Québec, de Lévis, de St-Georges et de Saguenay, Odette Lemieux.

Vérification faite, il y avait, mardi, 10 910 offres d’emploi sur le site Placement en ligne d’Emploi Québec pour les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Un retour dans les archives du Soleil montre qu’il y en avait 4970 en février 2013 et 7344 en septembre 2016.

«C’est pire que jamais», constate Mme Lemieux qui est en poste au Marché du Store depuis 18 ans. «Une situation que je vois venir depuis cinq ou six ans.»

C’est pourquoi le fabricant et commerçant de stores et de toiles de fenêtre qui exploite plus de 90 magasins au Québec, en Ontario et dans l’est des États-Unis a décidé de récompenser sa clientèle qui lui donne un coup de pouce afin de trouver des bras.

«Nous le faisons depuis au moins trois ans en inscrivant une mention sur la facture du client», explique Odette Lemieux en précisant que les employés, de leur côté, reçoivent 500 $ s’ils trouvent des perles rares. 

Elle avoue que l’initiative tarde à porter ses fruits. «Des clients nous ont suggéré des candidats. Nous ne les avons pas tous embauchés. Toutefois, il n’est pas question que nous abandonnions. C’est important, pour nous, de répéter sur toutes les tribunes que nous avons besoin de gens de talent.»

Des candidatures, Odette Lemieux en reçoit cinq ou six par semaine.

Dans la plupart des cas, les aspirants exigent une chose : ne pas travailler la fin de semaine.

«Ça ne sert à rien, je ne peux pas satisfaire leur demande. Pas avec les effectifs que nous avons présentement. Nos magasins sont ouverts sept jours par semaine. J’ai besoin de monde sept jours par semaine, et ce, jusqu’à 18h du lundi au mercredi et jusqu’à 21h le jeudi et le vendredi.»

Alors, les rares chercheurs d’emploi préfèrent se tourner vers d’autres entreprises où ils travailleront 32 ou 35 heures par semaine du lundi au vendredi. «Ils ont l’embarras du choix par les temps qui courent.»

Doubler les effectifs

«Actuellement, je compte sur une équipe de 10 conseillers. Idéalement, il faudrait être 18 pour continuer de bien servir notre clientèle dans un contexte de croissance de nos affaires», insiste Odette Lemieux qui est préoccupée par l’essoufflement des troupes. Les conseillers n’ont qu’une seule fin de semaine de congé sur quatre.

«Ma vieille garde comprend que, dans notre domaine, il faut travailler les fins de semaine. Elle comprend aussi la nature du commerce. Nous ne vendons pas des cannes de pois verts. Le client s’attend à recevoir un service de qualité. Des stores, ça représente un investissement important. Il faut prendre tout le temps nécessaire pour bien le conseiller.» 

Heureusement, le taux de roulement des employés est bas. Et les conseillers ne rechignent pas sur les heures supplémentaires. 

Leur semaine normale de travail est de 40 heures. «Ils font en moyenne 44 heures. Nous payons les heures supplémentaires», mentionne la gérante générale en soulignant que le salaire moyen d’un conseiller est de 50 000 $ par année.

Pour trouver des employés à Québec, Le Marché du Store multiplie les stratégies. Il a recours au service d’une agence de recrutement. Il utilise également le Placement en ligne d’Emploi Québec.

«Pour dénicher des installateurs, je viens de faire appel à Kijiji. Ça me semble prometteur. Vingt minutes après la mise en ligne de l’offre d’emploi, je recevais un premier appel.»

L’entreprise ne discrimine personne. «Les travailleurs âgés. Les immigrants. Les gens peu scolarisés. Ça n’a pas d’importance pour nous. Nous formons notre personnel. L’essentiel, c’est leur disponibilité.»