Le député conservateur Pierre Paul-Hus demande au gouvernement fédéral de ne pas oublier le Chantier Davie dans l'attribution des prochains contrats de construction de navires.

Paul-Hus milite pour Chantier Davie

«Irving Shipbuilding et Seaspan Shipyards en ont plein les bras. Il y a de place pour Chantier Davie dans l'industrie de la construction navale au pays. Et il y aura de l'ouvrage en masse pour le compte de la Marine royale et la Garde côtière au cours des prochaines années.»
Député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus demande au gouvernement fédéral de «ne pas seulement favoriser Irving Shipbuilding et Seaspan Shipyards» dans l'attribution des prochains contrats de construction de navires et de «faire preuve d'équité» à l'égard des autres chantiers.
«Chantier Davie Canada qui fait ses preuves, actuellement, avec le projet de conversion d'un conteneur en navire ravitailleur pour la Marine royale [projet Resolve] est en mesure, comme les autres, d'obtenir des contrats.»
Le chantier naval de Lévis, qui fait travailler plus de 1000 personnes, reluque un important contrat pouvant atteindre 2 milliards $ pour la réparation et l'entretien de la flotte de 12 frégates appartenant à la Marine royale canadienne. Irving Shipbuilding a aussi l'oeil sur ce contrat.
À Ottawa, Pierre Paul-Hus est membre du Comité permanent de la Défense nationale.
Au début du mois de février, ce comité de la Chambre des communes a entendu les dirigeants des trois chantiers navals canadiens dans le cadre des travaux de la révision de la politique de défense du Canada. Le rapport du comité sera rendu public dans les prochaines semaines.
«Les gens d'Irving Shipbulding et de Seaspan ont été très clairs. Deux chantiers navals au Canada, c'est suffisant. L'un dans l'est du pays. L'autre dans l'ouest. Je leur faisais pourtant remarquer qu'ils avaient en poche des contrats du gouvernement leur assurant du boulot au cours des 30 prochaines années. Ils seront tous à la retraite et leur monde travaillera encore sur les contrats du fédéral! Pouvez-vous slacker un tour? Pouvez-vous laisser la chance à d'autres? Leur réponse est non.»
Du travail pour 20 à 30 ans
Rappelons que, dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale, Irving Shipbuilding et Seaspan avaient été sélectionnés, en octobre 2011, pour la construction de près d'une trentaine de gros navires. Une affaire de 33 milliards $ qui procurera du boulot aux travailleurs des deux chantiers pendant 20 à 30 ans, soulignait-on à l'époque.
Il reste à attribuer des contrats pour la construction d'une centaine de plus petits navires d'une valeur approximative de 2 milliards $ et pour l'entretien et la réparation de bateaux de la Marine royale et de la Garde côtière. Une manne de 500 millions $ par année.
Sans compter, évidemment, le remplacement des brise-glaces vétustes de la Garde côtière. Davie a déjà approché le gouvernement fédéral à ce sujet en proposant, comme il l'a fait pour le navire ravitailleur, de convertir un navire commercial. La fin de semaine dernière, un bateau devant livrer une cargaison à Rio Tinto est resté pris dans la glace, dans la rivière Saguenay, alors que trois des brise-glaces étaient hors service.
Au cours de leur témoignage, les dirigeants d'Irving Shipbuilding et de Seaspan ont plaidé qu'il valait mieux avoir deux chantiers en santé que plusieurs chantiers en difficulté lorsque les contrats fédéraux tirent à leur fin. Sans l'obtention du contrat de la Stratégie nationale de construction navale, le chantier d'Halifax aurait été rasé pour faire place à des condos, a fait valoir le grand patron de J.D. Irving Limited, James D. Irving.
Pierre Paul-Haus doit rencontrer, la semaine prochaine, la haute direction de Chantier Davie Canada.
Comme tout le monde, le porte-parole francophone des députés conservateurs en matière de Défense nationale sait que tout n'a pas toujours tourné au chantier maritime de Lévis.
Il est donc important pour lui, avant «de se battre» pour assurer la pérennité de Davie, de savoir ce que l'entreprise a dans le ventre.
«Lors de la comparution des dirigeants de l'entreprise devant le comité, j'ai senti une réelle volonté de leur part d'aller de l'avant, de foncer. Ils en font actuellement la preuve avec le projet Resolve.»