L'automatisation a fait son entrée en force chez Patates Dolbec à Saint-Ubalde dans Portneuf

Patates Dolbec 4.0

Et dire que tout a commencé, en 1967, avec un cheval, une charrue et 25 acres de terre!

Entreprise bien enracinée dans la région de Portneuf, Patates Dolbec ouvrait les portes, mercredi, de ses installations modernes et agrandies de Saint-Ubalde pour présenter sa nouvelle usine 4,0, le fruit d’un important investissement de 12 millions $ réalisé au cours des dernières années.

Il ne faut pas se méprendre. La technologie était déjà un brin présente dans l’entreprise qui fait travailler 130 personnes dont une dizaine de travailleurs étrangers. Mais là, elle prend toute la place. Ou presque.

Ses propriétaires, Stéphan Dolbec et Josée Petitclerc, ont décidé d’accélérer le virage pour permettre à l’entreprise de croître, d’améliorer la traçabilité de ses opérations et de demeurer un chef de file comme producteur, emballeur, distributeur et exportateur de pommes de terre.

Patates Dolbec se bombe le torse en mentionnant qu’il est le plus important producteur de pommes de terre de tout l’est du Canada. La compagnie exporte également entre 5% et 15% de sa production aux États-Unis selon les humeurs du taux de change.

«L’usine était un peu désuète. Il fallait agir si nous voulions être en mesure d’aller chercher de nouveaux marchés», indique Josée Petitclerc qui est aussi directrice du marketing et de l’amélioration continue.

«Le travail n’est pas encore fini. Il va falloir agrandir nos entrepôts. Il reste aussi des opérations à automatiser. Nous planchons déjà là-dessus.»

Les robots arrivent!

Des robots ont fait leur apparition un peu partout dans l’usine. Ils prennent la relève de travailleurs qui sont maintenant affectés à des tâches plus valorisantes. Pour eux et pour l’entreprise.
Josée Petitclerc admet d’ailleurs que les postes qui ont été robotisés étaient difficiles à pourvoir dans un contexte de rareté de main-d’oeuvre.

«Disons que ce n’etait pas des tâches trop le fun pour notre monde. Maintenant, nous pouvons utiliser le plein potentiel de nos employés à des tâches qui apportent une valeur ajoutée à nos opérations.»

Cette «révolution technologique» permet d’abolir des postes à haut taux de roulement de main-d’oeuvre et ceux présentant les plus grands risques de blessures pour les travailleurs, soutiennent Stéphan Dolbec et Josée Petitclerc qui représentent la troisième génération aux commandes de l’entreprise familiale mise au monde par Francine Sauvageau et Herman Dolbec.

L’investissement de 12 millions $ permet notamment à Patates Dolbec de se doter d’un centre d’emballage haut de gamme. Avant qu’elles ne soient triées selon leur grosseur, les pommes de terre sont lavées, brossées et inspectées mécaniquement.

Par ailleurs, Patates Dolbec a maintenant un nouveau système de traçabilité qui lui permet de savoir, par exemple, de quel champ provient chaque sac emballé et même quel opérateur l’a récolté!

8,8 millions de sacs de 10 livres

Des blanches, des rouges, des russet, des jaunes, des rouges à chair jaune et des bleues, Patates Dolbec en récolte 40 000 tonnes par année, soit l’équivalent de 8,8 millions sacs de dix livres. Ses produits sont en vente dans la plupart des grands supermarchés.

«Tout est recyclé. Les pommes de terre déclassées servent à nourrir nos bœufs ainsi qu’une partie de nos céréales de rotation. Le fumier des bœufs est ensuite récupéré pour épandre de l’engrais naturel sur nos terres», explique Mme Petitclerc.

De 25 acres il y a un peu plus de 50 ans, Patates Dolbec cultive aujourd’hui 10 000 acres de terre dans une quinzaine de municipalités dont 3000 en pommes de terre.

«La production se fait à partir d’un procédé de rotation pour la protection de nos terres et la qualité de nos pommes de terre. Ainsi, les terres sont en rotation pendant deux à trois ans avant d’être réutilisées à nouveau pour la semence de pommes de terre. Cette façon de faire permet de casser le cycle des maladies, de réduire l’érosion des sols de 90% et de garder la terre en parfaite santé», explique-t-on.

La rotation s’effectue avec le maïs, le blé, le foin, le soya, les haricots. À la fin de l’année, l’entreprise portneuvoise produit en moyenne plus de 8000 tonnes de céréales.

Pour réaliser son projet d’investissement, Patates Dolbec a bénéficié d’un prêt sans intérêt de 4,5 millions du gouvernement fédéral.