Dès le 17 octobre, il sera permis de consommer de la marijuana de façon récréative partout au Canada.

Pas question de vendre Québec avec le pot

L’Office du tourisme de Québec (OTQ) n’a pas l’intention d’utiliser la légalisation de la marijuana pour faire la promotion de la capitale nationale à l'étranger.

«Nous avons discuté avec Tourisme Montréal et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, nous sommes d’avis que le cannabis ne changera pas grand-chose touristiquement», avance au Soleil le directeur des communications de l’OTQ, Éric Bilodeau.

Dès le 17 octobre, il sera permis de consommer de la marijuana de façon récréative partout au Canada. Au Québec, le projet est piloté par la Société québécoise du cannabis (SQDC). Une douzaine de points de vente ouvriront à travers la province dès l’entrée en vigueur de la loi fédérale.

Selon l’OTQ, cette nouvelle industrie n’incitera pas davantage nos voisins du pays de Donald Trump à opter pour des vacances au Canada. Alors, aucun billet vert ne sera injecté dans la publicité pour faire la promotion de Québec comme ville où fumer du pot est légal.

«En Europe, il y a déjà des endroits où on peut consommer du cannabis et il y a aussi quelques États aux États-Unis, notamment au Colorado. Cela n’a pas changé leur vie», avance M. Bilodeau. «On ne pense pas que cela va créer un volume assez important pour être remarquable, mais peut-être qu’on se trompe. Nous n’avons toutefois pas l’intention d’en faire la promotion», poursuit-il.

En 2015, une étude commandée par l’Office du tourisme du Colorado affirmait que la légalisation du cannabis avait eu un impact positif sur les intentions des voyageurs.

Vingt-deux pour cent des répondants (3254) au sondage ont déclaré que la marijuana avait «fortement influencé» leur décision. Par contre, seulement 8 % des touristes ont souligné avoir visité un dispensaire de marijuana.


« Nous avons discuté avec Tourisme Montréal et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, nous sommes d’avis que le cannabis ne changera pas grand-chose touristiquement »
Éric Bilodeau, directeur des communications de l’OTQ

Interdictions

La semaine dernière, la Ville de Québec — tout comme Lévis et L’Ancienne-Lorette — a annoncé l'interdiction de la consommation du pot dans tous les lieux publics, soit les parcs et les rues. Les contrevenants s’exposeront à des amendes de 150 $ et jusqu’à 1000 $ s’il s’agit d’une récidive.

Pour les lieux privés, comme les établissements hôteliers, ce sont les propriétaires qui trancheront à savoir si les touristes peuvent consommer de la marijuana sur leur terrain. Aucune directive ou politique précise n’a encore été établie par l’industrie.

«Les gens auront à jouer un rôle d’information ou de prévention pour les touristes. Pour l’instant, cela va être à la discrétion de tout le monde», dit M. Bilodeau.

Du côté de la Ville de Québec, on confirme que chaque hôtelier sera responsable de sa propre réglementation. S’il désire offrir un espace à l’extérieur pour les consommateurs de marijuana, il pourra le faire. Il devra toutefois respecter les règles de la loi québécoise.

Selon la directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHQ), Marjolaine De Sa, les hôteliers sont prêts pour légalisation du cannabis. En novembre, une conférence sera tout de même offerte sur ce sujet aux acteurs de l’industrie par des responsables du droit du travail.

«Depuis 2008, la majorité des hôtels sont non-fumeurs. Ils ont déjà une politique», rappelle-t-elle. «Pour les employés, la majorité des hôtels ont des conventions collectives. C’est indiqué que les travailleurs ne peuvent pas être sous l’influence de boissons ou de drogues», poursuit-elle.

Mme De Sa est d’avis qu’il serait «très surprenant» de voir des hôteliers de la région autorisés leurs clients à consommer du cannabis sur leur propriété. Elle estime également que ce nouveau marché aura probablement peu d’impacts sur l’industrie touristique en raison notamment de la réglementation.

«Personnellement, je ne pense pas qu’il va y avoir énormément d’afflux dans les prochaines semaines. Cela reste à voir. [...] Je pense qu’on va plus le voir dans les événements», souligne-t-elle.

La Commission des champs de Bataille (plaines d’Abraham) et le Port de Québec prévoient également interdire la consommation sur leur propriété.