Le secteur manufacturier québécois constitue le deuxième moteur économique du Québec.

Pas moribond, le secteur manufacturier

Le secteur manufacturier québécois a de l'ambition. Rapatrier dans la Belle Province une partie de la fabrication des produits achetés actuellement sur les marchés mondiaux.
«Des produits manufacturés ailleurs dans le monde, nous importons pour une valeur de 90 milliards $ au Québec. À notre avis, nous pourrions soustraire entre 10 et 15 milliards $ de cette facture en fabriquant certains produits ici. Nous en sommes convaincus», affirme Sylvie Pinsonnault, vice-présidente au capital de risque, aux fonds d'investissement et aux mesures fiscales chez Investissement Québec.
Un pari tout à fait réalisable, assure Louis J. Duhamel, conseiller stratégique chez Deloitte.
«L'avantage compétitif des pays émergents tend à s'estomper. Leurs coûts de main-d'oeuvre augmentent. Ils ont été rattrapés par la réalité. Il faut se rappeler que les pays industrialisés, comme le Canada, sont des champions de la productivité. Les pays émergents, eux, n'ont jamais eu à se casser la tête avec ça. Ils pouvaient compter sur une main-d'oeuvre abondante et peu chère. Ils doivent apprendre aujourd'hui à devenir plus productifs. Et croyez-moi, ils vont apprendre assez vite.»
Et de préciser Louis J. Duhamel : «Notre futur se trouve dans les produits de moyenne et forte valeur ajoutée. On ne se mettra pas à fabriquer des boîtes d'allumettes.»
Mardi, à Québec, la Chambre de commerce et d'industrie de Québec accueillait la tournée Initiative manufacturière d'Investissement Québec.
«Nous voulons dynamiser le secteur manufacturier», a martelé Sylvie Pinsonnault.
Un secteur qui, contrairement à la croyance populaire, n'est pas moribond.
«Il n'est plus en déclin. Ça fait quatre ans que le poids du secteur manufacturier dans l'économie du Québec se maintient à 14 %. Dans les années glorieuses, au début des années 2000, sa part dans le PIB était de 20 %», explique Louis J. Duhamel en signalant qu'en excluant le poids du gouvernement, le secteur manufacturier - qui représente 800 000 emplois directs et indirects - constituait le deuxième moteur économique du Québec derrière l'industrie de la finance et des assurances. 
Et il n'y a pas qu'au Québec que les activités de fabrication sont en hausse. C'est le cas notamment en Europe. «Le Québec s'inscrit dans une vaste mouvance de réindustrialisation.»
En dépit d'un avenir plus rose à l'horizon, notamment avec l'entrée en vigueur de l'entente sur le libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, l'investissement privé ne décolle pas au Québec.
«C'est pourquoi le gouvernement du Québec investira 700 millions $ au cours des trois prochaines années pour accompagner les entrepreneurs», a expliqué la ministre de l'Économie, de la Science et l'Innovation, Dominique Anglade, en précisant que la croissance économique au Québec s'appuyait sur trois piliers : l'entrepreneuriat, les exportations et le manufacturier innovant.
«Nous voulons que vous nous soumettiez des projets», a-t-elle lancé à la centaine d'entrepreneurs présents à l'événement. «Ce n'est pas le gouvernement qui va créer des emplois, c'est vous.»
Un plan d'action
Pour que le secteur privé sorte des billets verts de ses poches, Investissement Québec a réuni une kyrielle de partenaires et d'entreprises pour élaborer un plan d'action en 10 points pour dynamiser le secteur manufacturier.
Ça passe, notamment, par une campagne de sensibilisation et de valorisation des emplois dans le secteur manufacturier, par la mise en place d'un guichet unique pour les entrepreneurs, par l'établissement d'un réseau d'échanges et de partages d'expérience entre les exportateurs et par des mesures favorisant l'apport d'une immigration «plus ciblée et mieux structurée» pour combler les besoins de main-d'oeuvre.
Inspirée par les meilleures pratiques recensées en Europe et en Asie, le plan d'action propose également d'adapter à la réalité québécoise le modèle dual allemand permettant à un élève d'obtenir de la formation en entreprise tout en poursuivant l'acquisition des compétences générales.
Et les Américains
Par ailleurs, Louis J. Duhamel comprend que l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et l'annonce faite par ce dernier de renégocier l'ALENA provoquent de l'incertitude de ce côté-ci de la frontière.
«Le gros bon sens va finir par l'emporter», croit le conseiller stratégique de Deloitte. «Pour 30 États américains, le Canada est leur principal partenaire économique. Ce n'est pas rien.»
En un mot
Manufacturier innovant: L'entreprise manufacturière innovante utilise, connecte et intègre de nouvelles technologies pour fabriquer des produits exportables à valeur ajoutée lui permettant une croissance dynamique dans ses marchés.
Source : Investissement Québec
Investissement Québec vient en aide à Pro-Automation et à Chocolats Favoris
Chocolats Favoris recevra un coup de pouce d'Investissement Québec. Il s'agit d'un prêt de 875 000 $ pour la réalisation d'un projet d'amélioration de ses procédés de fabrication.
Investissement Québec vient en aide à deux entreprises de la région de Québec qui mettent en branle d'importants projets visant à améliorer leur performance manufacturière.
L'organisme dont la mission est de favoriser la croissance de l'investissement dans la Belle Province accorde un prêt de 900 000 $ à la compagnie Pro-Automation, de Saint-Augustin-de-Desmaures.
Pro-Automation aide les petites et moyennes entreprises à augmenter leur productivité, à réduire leurs pertes de fabrication et à augmenter leur profitabilité. Détenant une forte expertise en automatisation, elle est notamment spécialisée dans la fabrication de panneaux de contrôle et dans l'intégration de systèmes.
Les dollars d'Investissement Québec permettront à Pro-Automation d'assurer la relève au sein de son organisation et de poursuivre ses interventions auprès des PME.
Chocolats Favoris reçoit aussi un coup de pouce d'Investissement Québec. Il s'agit d'un prêt de 875 000 $ pour la réalisation d'un projet d'amélioration de ses procédés de fabrication.
Ce projet d'une somme globale de 1,6 million $ permet au fabricant de chocolat de se doter d'une nouvelle chaîne automatisée de mise en conserve afin de répondre à la forte demande pour ses préparations de fondue au chocolat.