Dennis Muilenburg

Pas d’indemnités de départ pour l’ancien patron de Boeing

NEW YORK — Boeing a annoncé vendredi que son ancien directeur général Dennis Muilenburg, limogé le 23 décembre pour une gestion jugée catastrophique de la crise de l’avion 737 MAX, ne percevrait pas d’indemnités de départ.

M. Muilenburg, qui a pris les rênes de Boeing en juillet 2015, ne recevra pas non plus de bonus au titre de l’année 2019, a précisé le constructeur aéronautique dans un document transmis à la SEC, le gendarme américain de la Bourse. Il devait percevoir au total 39 millions de dollars à ce titre.

«M. Muilenburg n’a pas droit et n’a pas reçu d’indemnités de licenciement ou de paiements liés à son départ après plus de trente ans au sein de l’entreprise», explique le constructeur aéronautique.

Le MAX est cloué au sol depuis mi-mars après deux accidents rapprochés ayant fait au total 346 morts. Le système anti-décrochage MCAS a été mis en cause dans les accidents et Boeing travaille actuellement sur un correctif.

Le dirigeant s’était aussi mis à dos les compagnies aériennes clientes du 737 MAX — American Airlines, United Airlines et Southwest —, à qui il avait promis une remise en service « en quelques semaines » de cet avion-vedette.

M. Muilenburg, qui a passé 34 ans chez Boeing, a également renoncé à des titres d’une valeur de 14,6 millions de dollars, a précisé Boeing, ce qui suggère que le conseil d’administration avait perdu complètement confiance dans le dirigeant de 56 ans.

62 millions

Le dirigeant conserve toutefois toutes ses stock-options et sa retraite obtenues avant sa promotion au poste de PDG. La valeur de celles-ci est de 62,2 millions de dollars au cours de clôture de l’action Boeing le 9 janvier, assure Boeing.

Il détient également des « options » pour acheter 72 969 actions Boeing au prix unitaire de 75,97 dollars. S’il le faisait, il réaliserait par la suite une énorme plus-value au vu du cours de l’action Boeing actuellement-329,92 dollars.

M. Muilenburg sera remplacé lundi par David Calhoun, 62 ans, ancien cadre dirigeant de General Electric (GE) et membre du conseil d’administration de Boeing depuis

plusieurs années.

Le nouveau dirigeant aura un salaire de base annuel de 1,4 million de dollars pour 2020 et pourrait prétendre à un bonus de 7 millions si jamais il parvenait à obtenir la remise en service du 737 MAX, précise Boeing dans le document boursier.

Après l’avoir soutenu malgré les critiques des familles des victimes des accidents et celles des parlementaires américains, le conseil d’administration de Boeing avait fini par lâcher M. Muilenburg en raison de vives tensions avec l’agence fédérale de l’aviation, la FAA, selon des sources proches du dossier.

Le dirigeant s’était aussi mis à dos les compagnies aériennes clientes du 737 MAX – American Airlines, United Airlines et Southwest –, à qui il avait promis une remise en service « en quelques semaines » de cet avion-vedette.