Sur le point de souffler ses 80 bougies, Laurent Beaudoin préside le conseil de la multinationale BRP depuis décembre 2003, année où la division des produits récréatifs de Bombardier a été essaimée.

Pas de retraite complète pour Laurent Beaudoin, qui veut rester chez BRP

MONTRÉAL — Même s'il vient de tirer sa révérence chez Bombardier, la retraite complète attendra pour Laurent Beaudoin, puisque l'homme d'affaires âgé de 79 ans souhaite continuer à présider le conseil d'administration de BRP.

Dans la circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires du constructeur de véhicules récréatifs en vue de l'assemblée annuelle du 31 mai, qui se tiendra à Valcourt, celui-ci confirme qu'il est candidat à sa réélection.

Sur le point de souffler ses 80 bougies, M. Beaudoin préside le conseil de la multinationale depuis décembre 2003, année où la division des produits récréatifs de Bombardier a été essaimée.

Par l'entremise de la société de portefeuille Beaudier, il détient plus de 19,7 millions d'actions à droit de vote multiple, soit 28,5 % de l'ensemble des droits de vote.

En tenant compte de 13 millions d'actions à droit de vote multiple qui appartiennent à d'autres membres de la famille Beaudoin-Bombardier, le Groupe Beaudier détient 47,5 % des droits de vote du constructeur des Ski-Doo, Sea-Doo et Can-Am.

Jeudi, au terme de l'assemblée des actionnaires de Bombardier, où l'on a souligné les nombreuses réalisations de M. Beaudoin au cours de sa carrière de 55 ans au sein de l'entreprise, celui-ci avait dit avoir «d'autres projets».

«Je suis un homme d'action, je vais m'ennuyer de l'action, avait-il dit lors d'une mêlée de presse. Il était temps de tourner la page. J'ai d'autres projets dont je m'occupe personnellement. Je ne vais pas m'ennuyer.»

De bonnes payes

Par ailleurs, au terme d'un exercice au cours duquel BRP a poursuivi sa croissance, la rémunération globale — qui tient compte du salaire de base, des primes et autres avantages — de ses cinq plus hauts dirigeants a bondi de 52 %, atteignant près de 13,5 millions $.

Cela s'explique essentiellement par la paye totale de son président et chef de la direction, José Boisjoli, qui a été de 7,83 millions $, en progression de près de 69 % par rapport à l'année financière précédente.

L'écart s'explique essentiellement par la valeur de ses attributions fondées sur des options, qui était de 4,16 millions $ lors de l'exercice 2018, comparativement à 1,76 million $ pendant l'exercice d'avant. Le salaire de base de M. Boisjoli est demeuré stable, à environ 1 million $, tandis que sa prime incitative annuelle a été de 1,9 million $, en hausse d'environ 770 000 $.

C'est le chef de la direction financière Sébastien Martel qui a obtenu la deuxième rémunération globale la plus élevée, à 1,65 million $ — un bond de 51 %.

Une bonne performance

BRP a terminé la dernière année financière sur une bonne note en affichant des résultats records en plus d'avoir des perspectives optimistes pour l'exercice en cours.

Pour l'exercice terminé le 31 janvier dernier, l'entreprise établie à Valcourt a affiché des revenus d'environ 4,5 milliards $, en progression de huit pour cent, alors que son bénéfice net a été de 274,5 millions $, ou 2,54 $ par action, en hausse de 6,8 %.

«Nos revenus ont atteint un record sans précédent pour la cinquième année consécutive, grâce à l'excellent dynamisme du commerce de détail dans le monde entier, à une solide gamme de produits et à des marques qui continuent de s'imposer», fait valoir M. Beaudoin dans son message aux actionnaires.

Le mois dernier, M. Boisjoli avait indiqué que BRP était actuellement à la recherche de son prochain produit. Il n'avait pas été jusqu'à dire que le prochain axe de croissance passerait par une percée dans l'industrie de la motocyclette, ce qui a déjà été suggéré dans le passé par certains analystes financiers.