Le regroupement d’environ 400 syndiqués à la retraite de Papiers White Birch considère avoir fait «les frais de la relance de l’usine».

Pas de compensation pour les retraités de la White Birch

Les anciens travailleurs de l’usine Papiers White Birch, à Québec, ne toucheront pas les 75 millions $ qu’ils demandaient pour compenser la réduction de leur fonds de pension.

Le juge de la Cour supérieure, Jean-François Émond, a rejeté, mercredi, la demande introductive d’instance des demandeurs. 

Les employés réclamaient au syndicat Unifor «des dommages-intérêts pour les pertes qu’ils ont subies lors de la terminaison du régime de retraite des employés dans le cadre du processus de restructuration des propriétaires», peut-on lire dans le jugement.

Le regroupement d’environ 400 syndiqués à la retraite considère avoir fait «les frais de la relance de l’usine». Il déplore notamment le manque de soutien de son syndicat durant les négociations et le fait de ne pas avoir été consulté avant le vote. Les retraités affirment que l’intérêt des travailleurs actifs a été favorisé «à leur détriment». Qu’ils auraient rejeté cette proposition qui leur a fait perdre près de 30 millions $.

Les syndiqués estiment également que le rejet de la proposition finale aurait amené l’employeur à la bonifier son offre. Ce que le tribunal a refusé d’approuver.

«La preuve n’établit pas [...] que le rejet de la proposition finale aurait amené l’employeur à la bonifier. De fait, la preuve prépondérante tend davantage à démontrer le contraire», indique le juge. «En effet, si les demandeurs avaient refusé cette offre finale, tout porte à croire que l’usine Stadacona n’aurait pas rouvert, privant ainsi les participants du régime de retraite, qu’ils soient actifs ou retraités, de l’enveloppe de 35 millions $ pour le service passé», poursuit-il. 

Ce dernier ajoute que cette offre a probablement permis aux retraités de minimiser leurs pertes.

Quant au manque de communication du syndicat avec les retraités, le juge avance qu’il est «déconcertant» et «inconcevable» qu’il ait tenu les anciens employés à l’écart des négociations. «Leur omission constituant une négligence grave.»

Restructuration, vente puis fermeture

Pour la petite histoire, rappelons qu’en 2010, alors que l’industrie des pâtes et papiers vivait des moments plus difficiles, les sociétés du Groupe White Birch s’étaient placées sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Un processus de restructuration avait alors été entrepris.

Le 20 août 2010, l’usine de Québec était vendue, tout comme les deux autres sites de l’entreprise, au groupe Black Diamond White Birch Investment. L’une des conditions de la transaction était que les anciens propriétaires concluent de nouvelles conventions collectives et mettent en place de nouveaux régimes de pension. La vente a finalement été réalisée, mais les négociations ont achoppé pour mettre un terme au régime de retraite.

En 2011, alors que les négociations étaient toujours dans l’impasse, la direction annonçait la fermeture temporairement de l’établissement de la capitale, sous prétexte de mauvais rendement. Le 12 janvier, les patrons fermaient officiellement les portes de l’usine. Quelques semaines plus tard, le gouvernement du Québec accordait une aide financière de 45 millions $ à White Birch pour qu’elle poursuivre ses activités.

Finalement, une entente est signée en 2012. La rente du regroupement des syndiqués retraités est entre autres amputée de plus de 30 %.

S’il le désire, le regroupement des retraités pourra aller en appel.