Pas de «boissons hypocrites» à la SAQ

Après plusieurs mois de réflexion, la Société des alcools (SAQ) a tranché. La direction n’a pas l’intention de vendre des mélanges de boissons fortement alcoolisées — plus de 7% — et sucrées, a appris Le Soleil.

Ce printemps le gouvernement du Québec avait annoncé une nouvelle réglementation interdisant la vente de ce type de boissons dans les dépanneurs et les épiceries. Une mesure qui ne touchait toutefois pas les bières artisanales.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, souhaitait alors confier à la SAQ la vente des boissons avec plus de 7% d’alcool, comme le Four Loko ou le FCKD UP.

Cette décision avait été prise après que plusieurs experts en santé publique aient dénoncé leurs risques pour la santé. Une jeune femme est aussi décédée à Laval ce printemps quelques jours après avoir ingurgité ce type de boisson.

Depuis le 12 juin dernier, la vente de ces boissons est donc interdite dans les dépanneurs et les épiceries à travers la province.

Mercredi, la porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard, a confirmé au Soleil que la société d’État n’avait pas l’intention d’offrir ce type de breuvage sur ses tablettes. «La SAQ n’a actuellement aucune intention en ce sens. Nous n’offrons aucune boisson à base de malt à plus de 7% dans notre réseau».

Ce qui signifie qu’il ne sera plus possible pour les consommateurs de se procurer légalement des mélanges alcoolisés avec plus de 7 % d’alcool.

Bonne décision

Du côté d’Éduc’alcool, on salue la décision de la société d’État, bien qu’on aimerait que le gouvernement provincial ou fédéral interdise simplement ce  type de breuvage.

«Cela ne me surprend pas que la SAQ dise non. Ce n’est pas le genre de produits qu’elle souhaite offrir à ses clients. [...] Pour nous, l’idéal serait que les boissons hypocrites ne soient pas autorisées», mentionne Hubert Sacy, directeur général de l’organisme.

«Je dis des boissons hypocrites, car en raison de leur composition,  elles camouflent le goût et les effets de l’alcool.[...] À partir du moment où un produit est dangereux, je ne vois pas pourquoi on permet sa commercialisation», poursuit-il.