Les leaders mondiaux étaient réunis à Danang, au Vietnam.

Partenariat transpacifique: le Canada ne signe pas l’entente

DA NANG, Viêtnam — Le premier ministre Justin Trudeau estime que personne n’aurait dû être surpris que le Canada refuse de signer une entente de principe conclue vendredi concernant le traité de libre-échange sur le Partenariat transpacifique (PTP).

M. Trudeau a déclaré samedi  qu’en dépit des importants progrès réalisés, il restait encore beaucoup de travail à faire, plus particulièrement en ce qui a trait à la protection des secteurs automobile et culturel du Canada.

La décision prise vendredi par le premier ministre canadien de poursuivre les négociations plutôt que de signer l’entente de principe a provoqué l’annulation à la toute dernière minute d’une réunion des leaders des 11 pays du PTP qui devait avoir lieu en marge du sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC).

Ce geste a fait les manchettes un peu partout dans le monde parce que plusieurs médias étrangers avaient prédit que les membres du PTP concluraient un accord lorsqu’ils se rassembleraient à Da Nang, au Viêtnam, pour le sommet de l’APEC.

Mais Justin Trudeau a fait valoir qu’il avait laissé entendre toute la semaine que le Canada ne signerait pas le traité si ce dernier ne servait pas les intérêts des Canadiens.

Pas une surprise

«Nous n’avions pas l’intention de nous dépêcher pour conclure une entente», a-t-il déclaré durant une conférence de presse qu’il a donnée au terme du sommet de l’APEC avant de se rendre aux Philippines pour prendre part à une rencontre avec les dirigeants de l’Asie du Sud-Est, dimanche. «Cela ne devrait pas être une surprise et cela n’a pas été une surprise pour les gens ayant remarqué que je disais cela et que je l’avais dit toute la semaine.»

Selon M. Trudeau, le fait que les ministres du Commerce des pays membres du PTP présents au sommet aient accepté plusieurs changements a permis de faire un grand pas vers la conclusion d’un traité. 

Les membres du PTP tentent de sauver le traité après le retrait des États-Unis plus tôt cette année.

Tard vendredi soir, le ministre canadien du Commerce internationale, François-Philippe Champagne, avait annoncé que des progrès avaient été réalisés dans les négociations.

Justin Trudeau a prédit, samedi, que les pourparlers pour le Partenariat transpacifique aideraient le Canada dans les difficiles négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

***

Un appui du Mexique

Le Mexique s’est montré un fidèle allié du Canada au sommet de l’APEC. Craignant de voir l’Australie et le Japon pousser à fond leurs partenaires afin de conclure une entente de principe sur le Partenariat transpacifique (PTP),  Justin Trudeau s’est tourné vers le président mexicain Enrique Peña Nieto, pour mettre du sable dans l’engrenage. Ce n’est pas pour rien que la première rencontre bilatérale de M. Trudeau en marge du sommet soit avec M. Peña Nieto. Le Canada souhaite des modifications à l’accord, alors, lorsque le Japon et l’Australie ont voulu exercer des pressions sur le Canada, M. Trudeau savait qu’il pouvait compter sur des alliés, dont le Mexique. Quand M. Trudeau avait expliqué la situation au président mexicain, celui-ci l’avait rassuré : si le Canada ne signe pas l’accord, le Mexique ne le signera pas non plus, a indiqué un haut responsable canadien. Selon celui-ci, deux facteurs expliquent l’appui de M. Pena Nieto au Canada : le Mexique n’était pas entièrement à l’aise avec le projet d’accord et le gouvernement canadien s’est rangé derrière Mexico au cours des dures négociations visant la refonte de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).