Du 45,5 millions $, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a mentionné qu'une somme de 39,5 millions $ sera dédiée au développement et à l’entretien de nouvelles rues industrielles.

Parcs industriels: Lévis souhaite se mettre sur son 31

Alors que les lopins de terre disponibles pour les entreprises se font de plus en plus rares à Québec, Lévis souhaite se mettre sur son 31 pour attirer de nouveaux visages sur son territoire. La Ville injectera 45,5 millions $ dans le développement de ses 14 parcs et zones industriels.

«Notre objectif est clair dans l’accélération du développement de nos parcs industriels : nous souhaitons devenir la plaque tournante de l’innovation et du développement industriel au cœur des régions de la Capitale Nationale et de la Chaudière-Appalaches», a indiqué le maire de Lévis, Gilles Lehouillier.

Au cours des derniers mois, son administration a consulté environ 750 patrons d’entreprises de la rive sud du fleuve Sainte-Laurent afin de mieux cerner leurs besoins et les enjeux pour les années à venir.

Les billets verts seront investis dans le cadre du Programme triennal d’immobilisations de la municipalité. Du 45,5 millions $, une somme de 39,5 millions $ sera dédiée au développement et à l’entretien de nouvelles rues industrielles. Le reste de l’enveloppe servira pour la mise à niveau des infrastructures existantes.

«Notre situation géographique stratégique et notre ouverture avec nos voisins immédiats sont les conditions gagnantes qui permettront de stimuler notre développement et de déployer le plein potentiel de nos entreprises industrielles», a noté M. Lehouillier.

Le plan détaillé des nouvelles installations sera dévoilé à la population au printemps 2019 par le Comité consultatif sur l’innovation et le développement industriel.

Parmi les enjeux qui ont été évoqués par les responsables de compagnies, on retrouve, entre autres, des demandes concernant l’amélioration des infrastructures pour les transports actifs et alternatifs.

Les entreprises souhaitent également une meilleure fluidité de la circulation, davantage de souplesse dans l’application des règlements ainsi que la création de liens avec des services commerciaux de proximité comme des garderies.

Cette annonce de Lévis s’inscrit alors que la Ville de Québec a souligné à plusieurs reprises au cours des dernières années qu’elle avait un besoin criant de parcs industriels sur son territoire.


« Notre situation géographique stratégique et notre ouverture avec nos voisins immédiats sont les conditions gagnantes qui permettront de stimuler notre développement et de déployer le plein potentiel de nos entreprises industrielles »
Gilles Lehouillier, maire de Lévis

Au printemps 2017, elle avait mis le grappin sur des terrains appartenant au Groupe Dallaire. Ce site est aujourd’hui baptisé l’Espace d’innovation Chauveau.

Le promoteur immobilier de Québec, qui est toujours propriétaire d’une partie de l’Espace d’innovation Chauveau, prévoit aussi y construire entre «12 à 14» immeubles industriels au cours des prochaines années. Un investissement de 100 millions $.

Une opportunité

Malgré cette nouvelle offre, le président de la firme de conseils immobiliers CAPREA, Christian-Pierre Côté, est d’avis que Lévis se positionne actuellement pour «capter» les entreprises à la recherche de nouveaux espaces. «C’est certain qu’ils vont profiter de cette situation», affirme-t-il.

Selon une étude réalisée par sa firme, le taux d’inoccupation industriel pour les bâtiments déjà construits à Québec est de 4,1 % en 2018. Du côté de Lévis, il est de 3,5 %. À titre d’information, à Saint-Augustin-de-Desmaures, le taux est de 3 %.

Bref, plus le taux est bas, plus le marché est propice pour de nouvelles constructions. Il faut toutefois avoir les terrains nécessaires.

«À 4 %, nous ne permettons pas à nos entreprises d’ici de croître à la mesure de leurs aspirations. Nous sommes en train d’asphyxier le développement industriel en raison de la pénurie d’espaces», dit M. Côté.

«Il faut faciliter la requalification des parcs industriels centraux. Les plus vieux ont un indice d’occupation au sol entre 30 % et 45 %. Cela veut dire qu’environ la moitié d’un terrain est occupé par un bâtiment, ce qui laisse peu de fonctionnalité pour la logistique de déplacement aux alentours ou d’entreposage. [...] Actuellement, nous sommes dans un marché un peu déséquilibré pour le secteur industriel», poursuit-il.

Lévis invite les compagnies à soumettre jusqu’au 31 décembre d’autres éléments qui lui permettraient de bonifier ses zones industrielles. Les entreprises souhaitant s’exprimer peuvent le faire en consultant: ville.levis.qc.ca/comiteindustrieletinnovation.