La ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, était de passage au Saguenay pour annoncer l’octroi de 5 M$ à l’Association de l’aluminium du Canada pour le déploiement d’un projet de traçabilité de l’aluminium dans toutes les usines canadiennes.
La ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, était de passage au Saguenay pour annoncer l’octroi de 5 M$ à l’Association de l’aluminium du Canada pour le déploiement d’un projet de traçabilité de l’aluminium dans toutes les usines canadiennes.

Ottawa investit 5M$ pour assurer la traçabilité de l’aluminium canadien 

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Ottawa investit 5 M$ dans un projet de traçabilité de l’aluminium canadien qui doit entrer en vigueur à la fin du mois d’octobre.

La ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, a qualifié le projet de «première mondiale», en conférence de presse, mercredi, à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Ce projet permettra d’accoler l’équivalent d’un code-barre aux produits de l’aluminium canadien, de leur sortie de l’usine jusqu’à la frontière américaine, en prévision de leur exportation.

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«[Cette solution] permet de tracer le métal qui est réellement fabriqué ici jusqu’à son marché de destination. Et elle permet aussi de faire la démonstration que tout autre métal qui ne portera pas l’estampe Fabriqué au Canada, ce n’est pas du métal qui origine d’ici», a expliqué Jean Simard, président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada.

Présentement, le système de surveillance des importations d’aluminium dont s’est doté le Canada en septembre ne permet pas de suivre au pays la trace des produits de l’aluminium étrangers, transformés et ensuite exportés vers les États-Unis.

Cette mesure n’aura cependant pas d’impact à court terme sur les nouveaux tarifs douaniers américains imposés sur l’aluminium canadien, estime Jean Simard. Cette «étiquette numérique» permettra toutefois de fournir des «outils beaucoup plus robustes» pour éviter de nouveaux différents commerciaux.

«Un des grands gains [du nouvel] ALÉNA (NDLR Accord Canada–États-Unis–Mexique), ç’a été d’aller chercher 70% du contenu dans le secteur automobile qui doit être fait au sein de l’espace américain, a pour sa part souligné la ministre Mélanie Joly. Une des choses qui était réclamée, c’était certainement de démontrer que l’aluminium qui allait faire partie des pièces d’automobile venait de chez nous.»

Un système de traçabilité étendu à toutes les alumineries canadiennes permettra ainsi de contrôler les données d’exportation. Les expéditions d’aluminium canadien à la frontière américaine pourront être documentées et départagées des produits de l’aluminium d’autres origines qui transitent par le Canada vers les États-Unis.

Jean Simard, président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada, accompagnait la ministre Mélanie Joly lors de l’annonce, mercredi.

Deux projets pilotes

L’Association de l’aluminium du Canada assurera la gestion des fonds et du projet. La traçabilité a déjà fait l’objet de deux projets pilotes dans les deux dernières années.

Un premier projet a permis d’appliquer une méthode utilisée dans le domaine pharmaceutique pour assurer le suivi de l’origine de médicaments. Cette «sérialisation industrielle» a été développée avec le Groupe Optel, une entreprise de Québec. Une technologie supportée par des outils infonuagiques a été développée avec Alouette.

Rio Tinto a été impliquée dans un second projet pilote mené au Saguenay. Le projet, lancé au printemps, vise à tester l’application de la technologie développée lorsque les produits sont transformés après leur sortie de l’usine, avant leur exportation.

Éventuellement dans toute la chaîne

Le système de traçabilité développé sera ainsi appliqué d’ici la fin du mois d’octobre dans toutes les usines de production d’aluminium au Canada. Il faudra cependant attendre quelques années avant qu’il puisse être déployé dans toute la chaîne de valeur des produits de l’aluminium.

Le secteur automobile aux États-Unis, par exemple, serait ainsi éventuellement en mesure «de documenter la provenance du métal, dans le respect des nouvelles règles d’origine du nouvel accord de libre-échange», a expliqué Jean Simard. 

Cette plateforme technologique permettra également de mettre en valeur l’aluminium «vert» canadien, à faible émission de carbone, en garantissant sa provenance.

La ministre Mélanie Joly a qualifié le projet de «première mondiale».

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SOUTIEN À CANMEC ET STACA

La ministre Mélanie Joly a également profité de son passage au Saguenay pour annoncer des contributions remboursables de plus de 633 000 $ pour deux entreprises saguenéennes.

L’attribution de 500 000 $ a été confirmée pour Canmec, de même qu’une somme de plus de 130 000 $ pour Staca. Les deux entreprises bénéficieront de cette aide de Développement économique Canada pour améliorer leur productivité, faire l’acquisition d’équipements numériques et automatisés ainsi que pour moderniser leurs installations.