Technologies Orbite a suspendu ses activités à son usine de Cap-Chat.

Orbite sous respirateur artificiel

Rien ne va plus pour Technologies Orbite. Après avoir annoncé, en fin de semaine, qu'elle suspendait ses opérations à son usine de Cap-Chat, en Haute-Gaspésie, voilà que, lundi matin, elle s'est placée sous la loi sur la faillite et l'insolvabilité.
Après avoir investi 127 millions $ pour son procédé de transformation d'alumine de haute pureté et dans son usine de Cap-Chat, la société montréalaise n'a jamais réussi à faire de profits. La majeure partie des sommes dépensées proviennent de fonds privés. Investissement Québec a accordé 20 millions $ à l'entreprise, tandis que le gouvernement fédéral a consenti 8,5 millions $. 
Orbite attribue son infortune à d'importants problèmes liés à son système de chauffage électrique du système de calcination fourni par Outotec. «L'enjeu principal n'est pas dans le procédé technique, mais bien dans l'équipement», insiste le consultant externe de TACT intelligence-conseil, Éric Gamache. «Le procédé fonctionne, c'est ce qu'il faut retenir. C'est vraiment une pièce d'équipement qui est défaillante.»
L'achat et l'installation de cet équipement ont coûté à Orbite plus de 30 millions $. La société examine actuellement tous les recours juridiques pour tenter de récupérer une partie des coûts. Orbite a déposé une réclamation auprès de son assureur. La limite de la police pour pertes d'exploitation est de 22 millions $  L'entreprise n'a aucune confirmation qu'elle pourra être indemnisée.
«La suspension des opérations et le retard conséquent de la génération de revenus en raison d'un problème externe d'équipement sont extrêmement aggravants, à la fois pour nos actionnaires qui ont continué à soutenir la société que pour nous-mêmes», a déclaré par voie de communiqué le chef de la direction, Glenn Kelly. «Notre technologie demeure solide, tout comme notre résilience pour naviguer dans cette période difficile.»
L'entreprise suspend donc ses activités afin de se concentrer sur le financement et la recherche d'une solution. Par contre, elle ne dispose d'aucune garantie de pouvoir trouver du financement additionnel, de corriger les problèmes d'équipements et de réussir à atteindre ses objectifs de restructuration. Si elle en venait à échouer dans ses efforts de redressement, elle sera acculée à la faillite. Les fonds de roulement d'Orbite sont insuffisants «pour couvrir les coûts liés à la mise en oeuvre de la solution». Elle aura besoin de 8 millions $ et de huit mois additionnels pour y arriver.
En fin de journée lundi, le titre d'Orbite à la Bourse de Toronto clôturait à 24 ¢. La société s'attendait à ce que la négociation des actions soit suspendue et que sa cote soit éventuellement radiée.
La catastrophe en Haute-Gaspésie
Pour le préfet de la Haute-Gaspésie, cette nouvelle est un véritable coup de massue. Sur la soixantaine d'employés que compte Orbite, une quarantaine oeuvrent à l'usine de Cap-Chat. «C'est très difficile à encaisser», se désole Allen Cormier. «Je suis plus que déçu, je suis effondré. La MRC de la Haute-Gaspésie, qui est l'une des plus hypothéquées au niveau de la démographie et du développement économique, qui perd un espoir de 60 emplois, c'est une catastrophe!»
Même si l'entreprise accumulait retard par-dessus retard, l'élu continuait à espérer. Il croyait tellement au projet qu'il détient 3000 actions dans l'entreprise. La firme SECOR avait annoncé, en juillet 2011, qu'Orbite pourrait créer jusqu'à 1500 emplois en Gaspésie.