Vanderlande fabrique entre autres des tapis roulants et de matériel de gestion des bagages en soute dans les aéroports.

Optosécurité passe en main néerlandaises

Vanderlande, une multinationale néerlandaise spécialisée dans la fabrication de tapis roulants et de matériel de gestion des bagages en soute dans les aéroports, trouve à Québec ce qu'elle cherchait pour pénétrer le marché de l'inspection des bagages à main. Elle met le grappin sur Optosécurité, une société fondée en 2003 par Éric Bergeron.
La nouvelle a été annoncée, vendredi, à l'ouverture des marchés boursiers en Europe.
Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé.
En entrevue au Soleil, Éric Bergeron a assuré que les emplois dans la capitale seront maintenus. Optosécurité fait travailler une cinquantaine de personnes, principalement en recherche et développement. Éventuellement, ce nombre pourrait augmenter, croit le fondateur et aussi président du conseil d'administration d'Optosécurité.
«Vanderlande, c'est un bon acquéreur. Je dirais même l'acheteur idéal. Acquérir une start-up pour la sortir du marché, ça ne fait pas partie de ses façons de faire. Cette entreprise a une vision. Elle démontre une volonté de continuer à faire grandir Optosécurité qui deviendra sa carte maîtresse en vue de la percée qu'elle envisage de réaliser dans le domaine de l'inspection des bagages à main dans les différents points de fouille dans les aéroports.»
Vanderlande et Optosécurité se connaissent bien. Les deux sociétés ont collaboré à la réalisation de divers projets au cours des dernières années. Au début du mois de juin, aux États-Unis, la Transport Security Administration a accordé le feu vert à l'utilisation dans les aéroports d'une technologie développée conjointement par Vanderlande et Optosécurité.
Selon le Registraire des entreprises, BDC Capital, GDC Placements privés (une société d'investissement appartenant à Daniel Gauthier) et Accès Capital Québec sont les principaux actionnaires d'Optosécurité. Des anges investisseurs de Québec et de Montréal font aussi partie de l'actionnariat.
40 millions de passagers contrôlés
Au fil des ans, la compagnie de Québec a développé un logiciel de contrôle d'images qui, connecté à une machine à rayons X, permet la surveillance à distance des bagages de cabine aux points de fouille.
Les aéroports y trouvent leur compte puisque la trouvaille technologique contribue à réduire les coûts d'opération, à augmenter le débit de passages contrôlés et, bien sûr, à ne rien laisser passer qui pourrait mettre la vie des passagers en danger. 
Les aéroports de Bruxelles, d'Amsterdam et de Bristol ont adopté le logiciel d'Optosécurité qui a permis, selon la compagnie, de contrôler plus de 40 millions de passagers.
Éric Bergeron avoue que l'entreprise bénéficiera grandement de la force de frappe de la multinationale dont les systèmes sont actifs dans 600 aéroports. «Avec une petite équipe, il devenait difficile de faire du développement du côté de Dubaï et, en même temps, de répondre à un client à Calgary. Assurément, la transaction accroîtra le potentiel de croissance de l'Optosécurité.»
Chiffre d'affaires de 1,5 G$
Basée à Veghel, aux Pays-Bas, Vanderlande montre un chiffre d'affaires de près d'un 1,5 milliard $ et compte plus de 4500 employés répartis dans 105 pays. Au Canada, la multinationale a son siège social à l'aéroport de Vancouver. 
Non seulement ses solutions logistiques automatisées sont utilisées dans les aéroports - elles déplacent un peu plus de 10 millions de bagages par jour -, elles sont les choix des géants du commerce électronique en Europe, y compris Amazon. Selon Vanderlande, plus de 20 millions de colis dans le monde, soit 300 paquets par secondes, sont triés par ses systèmes chaque jour.
En mars 2017, Vanderlande, qui appartenait à un fonds d'investissement néerlandais, passait dans la grande famille de Toyota Industries, une filiale du Groupe Toyota, pour la somme de 1,7 milliard $.