Trois remorqueurs de la dernière génération de la flotte d’Océan établiront leur port d’attache à Kingston, en Jamaïque.

Océan accoste dans les Caraïbes

Tout a commencé, en 2013, par l’exécution de manœuvres de dragage au port de Dos Bocas situé dans la province de Tabasco au Mexique. Voilà, cinq ans plus tard, qu’Océan prend de l’expansion à l’extérieur du Canada.

Cette «nouvelle page d’histoire», comme le décrit Jacques Tanguay, le président et chef de la direction de la société maritime de Québec, s’écrit sous le chaud soleil de la Jamaïque.

En effet, Océan a signé, lundi, un contrat de 10 ans avec le Port de Kingston. L’entreprise assurera des services de remorquage à ce port — le septième en importance au monde — qui accueille des navires de marchandises, des porte-conteneurs et des bateaux de croisière.

Trois remorqueurs de la dernière génération de la flotte d’Océan y établiront leur port d’attache à compter de la fin du mois de juin. Graduellement, des employés seront embauchés. Ce nombre pourrait atteindre rapidement la quarantaine.

Pour l’instant, les services offerts par Océan se limiteront au remorquage portuaire. «Éventuellement, nous pourrions stationner une drague au Port de Kingston», laisse entendre au Soleil le directeur des affaires publiques d’Océan, Philippe Filion. Comptant près de 850 employés, l’entreprise fait également son pain et son beurre dans les domaines de la construction et la réparation navale, du transport maritime, de la location d’équipements maritimes spécialisés et du dragage.

Il explique que les installations d’Océan en Jamaïque deviendront en quelque sorte la plaque tournante des activités futures de l’entreprise québécoise dans les Caraïbes

«Ce qui nous rend particulièrement fiers», d’ajouter M. Filion, «c’est d’avoir damé le pion à plusieurs grands joueurs de l’industrie mondiale du remorquage portuaire.» L’octroi de ce contrat — dont la valeur demeure confidentielle — a fait l’objet d’un appel d’offres. Dans le cas d’Océan, avec sa flotte de 35 remorqueurs, la compagnie se retrouvait un peu dans la peau de David contre Goliath. «Au fil d’arrivée, nous avons devancé un géant comme Svitzer qui est présent partout sur la planète avec ses 400 remorqueurs et ses 4000 employés.»

Deux des trois remorqueurs qui prendront la direction de la Jamaïque — le Ocean Taïga et le Ocean STVENS — appartiennent déjà à la flotte d’Océan. Un troisième — le Ocean Kingston Pride — vient tout juste d’être acheté auprès d’un constructeur naval turc. «Nous n’avions pas le temps d’en construire un autre. Nous ne pouvions attendre un an avant d’envoyer un troisième navire au Port de Kingston.»

De classe mondiale

Pour Jacques Tanguay, cette percée dans les Caraïbes dépasse la simple obtention d’un contrat de remorquage portuaire.

«C’est une nouvelle page de notre histoire qui s’ouvre, par l’ouverture d’une nouvelle place d’affaires à l’extérieur du Canada. Ce projet est en ligne directe avec notre vision d’affaires, soit d’être une organisation de classe mondiale et un partenaire de confiance pour tous nos clients.»

Océan a annoncé, il y a quelques années, sa volonté de sortir du Canada où la société maritime mène des affaires au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Alberta.

En raison du Jones Act, le territoire américain est fermé à double tour pour les entreprises non américaines. Cette loi réserve le cabotage dans les eaux des États-Unis aux navires battant pavillon américain, construits aux États-Unis et comptant des équipages américains.

En octobre 2013, l’entreprise fondée par Gordon Bain a d’abord mis le cap sur le Mexique.

Puis, l’année suivante, l’aventure commençait du côté des Caraïbes. Océan décrochait notamment un contrat de 400 000 $ pour effectuer le dragage d’entretien des installations portuaires de San Pedro de Macoris en République dominicaine. Le contrat prévoyait l’extraction de 35 000 mètres cubes de sédiments et représentait une dizaine de jours de travail pour la drague Océan Traverse Nord et son équipage.

Après cette mission, la drague rentrait au Québec pour exécuter des travaux entre Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans et L’Isle-aux-Grues.