Jonathan et William Trudel, de Trudel Alliance, ont récemment fait l’acquisition du centre commercial Fleur de Lys. Les deux frères possèdent aujourd’hui environ 25 propriétés à travers le Québec.

Objectif: redynamiser Fleur de Lys et Hamel

Ce ne sont pas les projets qui manquent sur les bureaux de Trudel Alliance. Le promoteur vient à peine de mettre le grappin sur Fleur de Lys, qu’il planche en parallèle sur deux autres développements immobiliers sur le boulevard Wilfrid-Hamel. À terme, les investissements seront de «plusieurs centaines de millions de dollars» pour revigorer en partie cette artère de Québec.

La semaine dernière, Trudel Alliance est sortie de l’ombre. Deux «petits» gars de la capitale, l’un de six pieds quatre pouces et l’autre de six pieds cinq pouces, qui allaient devenir propriétaires du centre commercial de Vanier. Un site de 2,5 millions de pieds carrés, qui aura, et ils ne le cachent pas, «besoin d’amour» au cours des prochains mois.

Mais avant de parler de l’avenir de Fleur de Lys, parlons des deux autres chantiers à venir, soit celui du 1950 et du 5050, boulevard Wilfrid--Hamel. Ce dernier héberge entre autres le restaurant Le Rascal. Il a été acheté au cours des derniers mois pour 6,5 millions $.

Avec Fleur de Lys, l’entreprise immobilière estime posséder aujourd’hui trois «sites stratégiques» pour réaliser du développement à Québec. Chacun des terrains se trouvant à quelques jets de pierre d’une autoroute, soit Laurentienne, Robert-Bourassa et Félix-Leclerc. 

Bien qu’ils n’aient pas encore la version finale des projets — des études sont en cours —, William Trudel et son frangin Jonathan, patrons chez Trudel Alliance, planchent sur la réalisation de projets immobiliers à usage mixte. «On veut redynamiser le secteur du boulevard Wilfrid-Hamel», avance Jonathan, vice-président exécutif. «C’est un projet plus gros que juste Fleur de Lys», ajoute l’homme de 38 ans.

Pour le terrain d’une superficie de 300 000 pieds carrés, à proximité de l’autoroute Robert-Bourassa, l’option privilégiée par les hommes d’affaires est la construction d’édifices commerciaux et de bureaux. Le chantier pourrait débuter «à court terme».

«On pourrait facilement construire deux bâtiments», affirme William, 40 ans. «On pense que c’est une bonne place pour ajouter une offre de restauration. Il s’agit aussi d’un bon site pour faire un nouvel environnement pour les travailleurs». 

La situation est similaire pour l’antre du Rascal qui permet une hauteur jusqu’à 13 mètres. Il n’est toutefois pas question de toucher aux commerces déjà bien implantés.

«Ce n’est pas un site pour avoir du résidentiel. Par contre, nous pourrions ajouter des étages pour faire du commercial et des bureaux», expliquent les frères. «L’enjeu va être la hauteur, il va falloir discuter avec la municipalité. Il pourrait y avoir quatre, cinq ou six étages».

Fête pour les familles

Quant à Fleur de Lys, Trudel Alliance a déboursé environ 60 millions $ pour acheter l’édifice de KingSett Capital. D’ailleurs, des festivités sont prévues jeudi pour officialiser le changement de garde. «Une fête pour les familles», comme le dit Jonathan, avec entre autres des jeux gonflables. L’événement se déroulera de midi à 21 h.

Pour l’avenir du centre commercial, les hommes d’affaires, policiers dans une autre vie, ont plusieurs projets en tête. Ils souhaitent avant tout consulter les locataires, la municipalité et les résidants des alentours avant de prendre une décision. Des consultations publiques devraient avoir lieu au début de l’automne. Aucune date n’est prévue encore pour le début des travaux.

«On veut vraiment prendre le temps d’entendre les gens», note William, président et chef de la direction. «Nous ne sommes pas dans des années d’augmentation de superficie commerciale. Nécessairement, il va y avoir dans la réflexion des questions par rapport à de l’hôtellerie, des bureaux et du résidentiel», poursuit-il.

Superficie réduite

Avec la situation plus difficile dans le monde du commerce de détail, le duo concède que la superficie du site sera réduite. Ce sont principalement les locaux du Sears et de La Baie d’Hudson qui pourraient passer sous le pic des démolisseurs. Actuellement, l’endroit compte 115 commerçants.

Le zonage actuel permet des constructions d’une hauteur de 16 et 20 mètres, soit entre cinq et sept étages. L’objectif est de construire plusieurs édifices.

«On veut un projet de niveau international. On veut s’inspirer des projets de développement ailleurs dans le monde. À court terme, on veut qu’il ait plus de dynamisme», souligne Jonathan. «Notre travail est de repenser Fleur de Lys pour les prochaines décennies», renchéri William.

Pour les employés du centre commercial, une quinzaine de cerveaux, Trudel Alliance a choisi de ne pas renouveler le contrat avec le gestionnaire, Cushman & Wakefield. Les travailleurs ont toutefois reçu une offre des promoteurs au cours des derniers jours pour conserver leur poste.

Les deux frères possèdent aujourd’hui environ 25 propriétés à travers la province. Une cinquantaine de personnes travaillent chez Trudel Alliance.