Les cofondateurs de Surmesur, François et Vincent Thériault.

Objectif 25 nouvelles boutiques pour Surmesur

Dès le début de l’aventure en 2010, Surmesur avait un objectif en tête. Devenir la référence des vêtements sur mesure et personnalisés pour homme en Amérique du Nord.

Les frères Vincent et François Thériault ont décidé d’accélérer la cadence. Leur plan d’attaque est bien ficelé.

Ouvrir 25 nouvelles boutiques au cours des deux prochaines années au Canada, aux États-Unis et au Mexique.

Des boutiques, Surmesur en compte déjà neuf. Elles ont pignon sur rue à Québec, à Montréal, à Laval, à Ottawa, à Mississauga, à Toronto, à Vancouver, à Chicago et à Pittsburgh.

Le détaillant de la capitale possède aussi des «espaces» dans des merceries à Saguenay, à Rimouski, à Sherbrooke, à Saint-Lambert, à London et à Thunder Bay.

Et sur la route, Surmesur compte sur une escouade de quatre vendeurs postés à Québec, à Montréal et à Toronto qui sillonnent l’Amérique du Nord pour prospecter de nouveaux marchés et pour servir des clients corporatifs. Des hôtels, des restaurants ou des compagnies aériennes qui tiennent à ce que leurs employés masculins soient tirés à quatre épingles.

Nouvelle stratégie: les franchises

Il y a six mois, les frangins Thériault ont dévié de leur modèle d’affaires en accordant une première franchise à un Québécois installé à Vancouver. Les résultats dépassent les attentes.

À un point tel que le recours à ce mode de déploiement commercial est le fer de lance de l’expansion de Surmesur au cours des deux prochaines années.

Le recrutement de franchisés bat son plein. Un site Internet (www.surmesurfranchise.com) a été créé pour attirer les opérateurs intéressés. En passant, une franchise Surmesur exige un investissement variant entre 225 000 $ et 350 000 $.

«Nous recherchons des partenaires qui ont à cœur le service à la clientèle  et qui s’impliquent dans leur communauté», insistent les deux jeunes entrepreneurs en mentionnant que les franchisés peuvent compter sur une équipe aguerrie au siège social de la compagnie sur le boulevard du Versant-Nord qui les épaulera en matière de finances, de marketing et de formation du personnel.

«Dans notre mire, au Canada, il y a Calgary, Edmonton, Winnipeg et Halifax. Nous voulons couvrir le pays d’un océan à l’autre et ainsi devenir une marque de commerce nationale», indique Vincent Thériault.

«Aux États-Unis, il y a évidemment les grands centres comme New York ou Los Angeles qui suscitent notre intérêt, mais la compétition est très forte. C’est pourquoi notre attention se porte également sur des marchés secondaires comme Milwaukee, Cleveland ou Columbus.»

Pas dans les centres commerciaux

Surmesur entend poursuivre sa stratégie de localisation de ses magasins dans les centres-villes plutôt que dans les centres commerciaux. «Nous tenons à être reconnus comme un commerce de destination. Les hommes, en général, n’aiment pas aller magasiner dans les centres d’achats», signale Vincent Thériault.

L’entreprise veut également continuer d’opter pour des magasins de petite dimension (de 1800 à 2500 pieds carrés).

Surmesur ne se métamorphose pas complètement en franchiseur. Le détaillant va ouvrir d’autres magasins corporatifs et «espaces» dans des merceries.

L’entreprise fait actuellement travailler 105 personnes. Au siège social, une vingtaine de postes seront créés pour appuyer la nouvelle poussée de croissance qui devrait permettre à Surmesur de tripler son chiffres d’affaires.

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François Thériault

Du galon à mesurer à la réalité augmentée

Pour les frères Vincent et François Thériault, le jour n’est pas bien loin où l’on rangera le galon à mesurer pour prendre les mensurations des clients. Il suffira de le scanner des pieds à la tête à partir d’un téléphone intelligent.

«Nous n’en sommes pas encore là. Il reste à peaufiner la technologie», constate Vincent Thériault.

Après avoir lancé, en 2015, un logiciel de prise de commande sur écran tactile qui permet au client de visualiser sa chemise ou son complet pendant le processus de conception, Surmesur fait maintenant appel à la réalité augmentée.

Ainsi, le détaillant propose au client de créer la chemise de ses rêves à partir d’un choix de plus de 8000 tissus, de 75 cols et de 36 boutons et de la visualiser dans un environnement interactif en trois dimensions et à réalité augmentée. Le consommateur n’a qu’à prendre un périphérique de poche pour examiner sa création sous tous ses angles, pour manipuler l’image 3D et y apporter, au besoin, les modifications en temps réel.

«Pour en arriver là, il a fallu plusieurs mois de travail. Notre dessinatrice a dû prévoir toutes les options de chemises possibles et imaginables. Un vrai travail de moine. C’est pourquoi nous offrons ce service seulement pour la conception de chemises pour le moment. Ça viendra, un jour, pour les complets et les pantalons», explique-t-il.

Depuis le premier jour, Surmesur a réalisé d’importants investissements en technologie. Tous ses processus internes sont informatisés.

«Nous devons utiliser une cinquantaine de logiciels», informe François Thériault. «Nous recueillons tellement d’informations sur nos clients que nous sommes pratiquement devenus une compagnie de données.»

À partir de son logiciel appelé le Studio, Surmesur détient l’historique d’achats de chaque client ce qui permet à l’entreprise de lui proposer régulièrement de nouveaux produits. Le client, lui, peut commander en ligne un complet ou une chemise sur mesure puisque le détaillant connaît ses mensurations.

S’ils le pouvaient — et s’ils en avaient les moyens — les frangins Thériault accéléreraient le développement des technologies au sein de leur entreprise.

«Un entrepreneur vous dira que ça ne va jamais assez rapidement à son goût. L’important, c’est de ne jamais brûler les étapes et de s’entourer de spécialistes des technologies.»

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Vincent Thériault

Le partenaire mexicain

Vincent et François Thériault parlent l’espagnol.

«On constate, aujourd’hui, que nous ne l’avons pas appris pour rien», lance Vincent.

Bien qu’ils demeurent majoritaires, les deux frères ont ouvert, il y a quelques années, l’actionnariat de leur compagnie à un nouveau partenaire...mexicain!

Il s’agit, en fait, d’un conglomérat familial de Chihuahua, Grupo Hema, qui se spécialise dans les franchises. Elle fait son pain et son beurre dans la restauration, les produits lubrifiants, la machinerie agricole et l’immobilier.

«Ses dirigeants ont appris notre existence sur les réseaux sociaux et par l’entremise de contacts que nous avons à Toronto», explique François Thériault.

«Nous nous sommes rencontrés et le courant est passé. À titre d’entrepreneurs, nous partageons les mêmes valeurs», indique Vincent.

L’arrivée ce partenaire permet à Surmesur de concrétiser ses plans d’expansion et d’envisager l’ouverture de boutiques au Mexique.

L’un des membres du conglomérat familial siège au conseil d’administration de Surmesur qui compte aussi dans ses rangs un homme d’affaires américain.

«Canada. Mexique. États-Unis. Nous avons notre petit traité de libre-échange», fait remarquer Vincent Thériault en faisant allusion, bien sûr, à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) réunissant les trois pays.

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Les deux meilleurs amis

«Quand nous avons annoncé à nos parents que nous nous lancions en affaires, ma mère a éclaté en sanglots. Elle était inquiète pour nous. Comment allions-nous gérer le stress et les soucis financiers engendrés par ce projet ? Même nous, François et moi, nous n’en avions pas la moindre idée.»

Vincent Thériault, 34 ans, l’avoue. Son frère a toujours été son meilleur ami. «À la maison, François était ma copie conforme.»

«Nous éprouvons une confiance aveugle l’un envers l’autre», renchérit François, 32 ans.

À l’âge de l’adolescence, ils ont une passion commune: le basketball. Ils ont fréquenté des établissements d’enseignement américains afin de pouvoir pratiquer leur sport favori dans un environnement hautement compétitif.

En affaires, les tâches sont clairement partagées.

La technologie, le marketing et l’ensemble des opérations administratives, c’est l’apanage de Vincent qui est épaulé par sa conjointe Catherine Savoie.

François, lui, se charge des achats et des fournisseurs. Il a vécu à Toronto pendant trois ans afin de préparer l’entrée en scène de Surmesur dans le Canada anglais et aux États-Unis.
«C’est moi, celui que personne n’aime et que l’on envoie à gauche et à droite !», blague le cadet des deux frères.

«Habituellement, quand ça va mal chez Surmesur, c’est de sa faute !», rigole l’aîné en pointant en direction de François.