Pour soutenir la croissance de son entreprise, Olivier Marcotte a fait construire un siège social dans l’Espace d’innovation Michelet. Il sera livré le 4 février.

Nucleom s’offre une nouvelle demeure de 6 millions $

«Depuis des mois, je me promène avec mon sac à dos à travers notre bâtiment. Je n’ai pas de bureau fixe. Je l’ai laissé à mes employés. Récemment, justement, c’était un peu cocasse. J’étais dans notre cuisine pour faire un téléphone privé lorsque du personnel est arrivé. J’ai dû me déplacer pour terminer mon appel.»

Depuis le début de l’automne, le patron de Nucleom, Olivier Marcotte, cherche chaque jour, lorsqu’il est à Québec, un endroit pour installer ses pénates dans son édifice situé dans le parc industriel Armand-Viau. Il manque d’espace pour ses travailleurs et lui. Et il devra encore le faire jusqu’au 4 février.

C’est à cette date que Nucleom inaugurera son nouveau siège social dans l’Espace d’innovation Michelet, à quelques jets de pierre des complexes d’Olympus NDT et d’Eddyfi Technologies, deux cousins dans l’écosystème du contrôle non destructif. Il s’agit d’un investissement d’environ 6 millions $.

Mais avant de parler de cette nouvelle demeure de 37 000 pieds carrés, qui était «nécessaire pour soutenir la croissance», revenons sur l’histoire de la jeune pousse fondée en 2010 dans la capitale.

Vous vous demandez : Nucleom, qu’est-ce que ça mange en hiver?

En fait, l’entreprise de Québec se spécialise dans les essais non destructifs à l’aide d’ultrasons ou de courant de Foucault. Elle offre, entre autres, ses services aux entreprises pétrochimiques comme Suncor, Valero et Shell et aux producteurs d’électricité.

En 2017, avec une croissance de 1624 % en cinq ans, elle a raflé le 43e rang au pays dans le relevé PROFIT 500 du Canadian Business et la première position pour la région de Québec. Son chiffre d’affaires en 2018 devrait osciller aux alentours des 15 millions $.

De 70 cerveaux l’an dernier, la famille en compte aujourd’hui environ 120 répartis dans des bureaux à Québec, Montréal, Toronto et Edmonton. Une quarantaine de paires de bras supplémentaires devraient être nécessaires en 2019 pour répondre à la demande.

«Pour bien comprendre ce que nous faisons, si on se compare avec des échographies pour les femmes enceintes, nous sommes le technicien qui utilise la sonde. Nous sommes comme le spécialiste qui va dire si c’est un garçon ou une fille. Notre rôle est de déceler les défauts. Nous assurons l’intégrité des équipements comme des réacteurs nucléaires, des pipelines, des composantes d’avion et des structures métalliques», énumère le président. «Comme contrat, par exemple, nous avons l’inspection des circuits primaires — dans lesquels l’énergie est générée — des réacteurs nucléaires CANDU.»

L’Ontario comme terrain de jeu

Seulement en Ontario, on compte trois installations nucléaires de ce genre. Près d’une cinquantaine de personnes chez Nucleom travaillent chez nos voisins de l’ouest. Cette province est d’ailleurs l’un des principaux terrains de jeu de la compagnie.

L’entreprise, également la propriété de Mathieu Beauchesne, brasse des affaires dans le secteur du nucléaire principalement, mais également dans les secteurs de la pétrochimie, des mines et des infrastructures. Outre au Canada, elle a aussi des contrats en Chine, en Corée du Sud et en Roumanie.

Comme autres cordes à son arc, Nucleom élabore des processus d’inspection pour les entreprises afin que les employés puissent dépister eux-mêmes les imperfections. «On fournit le lien entre les manufacturiers d’équipements et la pièce qui doit être inspectée», dit le jeune patron de 37 ans.

Ces fournisseurs d’équipements sont Olympus NDT, Eddyfi Technologies, Zetec et Creaform, pour ne nommer que celles-là. Tous des joueurs qui ont un pied-à-terre dans la grande région de Québec. Il faut dire que la capitale est reconnue sur la planète pour son expertise dans le secteur du contrôle non destructif.

Afin de soutenir la croissance de Nucleom et la construction du nouveau siège social, basé au 3405, rue Pierre-Ardouin, Investissement Québec lui a récemment consenti un prêt de 1,73 million $ à même ses fonds propres.

Le nouvel établissement hébergera notamment un laboratoire de recherche et développement sur les essais non destructifs pour développer des méthodes et techniques d’inspection novatrices. Il y aura aussi des salles de conférence, une cuisine, une terrasse et une table de soccer. La direction prévoit accueillir de nouveaux actionnaires, des employés qui deviendront des propriétaires, au cours des prochains mois.

Selon les projections de M. Marcotte, lorsqu’on consulte le carnet de commandes, le chiffre d’affaires pour les six premiers mois de 2019 devrait être similaire à celui de l’année 2018 en entier.

«On vise une croissance de 50 % pour l’an prochain», conclut le détenteur d’un baccalauréat en génie physique. Comme quoi il n’est pas question de lever le pied de l’accélérateur.