Marie-Ève Chamberland, fondatrice d’Un Cadeau du Ciel, espère que ce nouveau partenariat avec Victoriaville & Co. (présidée par Alain Dumont) lui permettra de mieux faire connaître ses services.

Nouvelle alliance pour Un Cadeau du Ciel

La petite entreprise de Québec Un Cadeau du Ciel vient de franchir un pas important dans sa jeune histoire. La compagnie s’allie avec Victoriaville & Co, un joueur majeur dans la distribution de produits funéraires en Amérique du Nord.

Un Cadeau du Ciel a fait cette annonce en marge du congrès de la Corporation des thanatologues du Québec, qui se déroule à Rimouski. La compagnie fait parler d’elle depuis quelques années avec son approche pour le moins originale dans le domaine funéraire, axée sur «l’héritage affectif». Un de ses services phares : permettre à ses clients de préparer des cadeaux, témoignages, souvenirs tangibles ou virtuels, qui seront remis aux proches après décès, selon un calendrier préétabli. 

L’entreprise, qui emploie maintenant près d’une dizaine de personnes, offre aussi, avec la collaboration de Jean-Marie Lapointe, un service d’«Hymne à la vie», soit l’organisation d’une cérémonie hommage qui se tient en présence de la personne mourante. «Nous offrons aussi des services d’accompagnement dans le deuil», par le biais d'intervenants spécialisés, ajoute Marie-Ève Chamberland. 

Prête pour la croissance

Pour assurer sa croissance, l’entrepreneure profitera du soutien financier et du large réseau de la compagnie Victoriaville & Co, distributeur de produits funéraires et troisième plus important fabricant de cercueils de bois en Amérique du Nord. Ce partenariat pourrait mener à ce que de nouveaux salons funéraires deviennent des points de services pour Un Cadeau du Ciel, donne en exemple sa fondatrice. 

«L’idée, c’est vraiment de se positionner rapidement sur le marché. On sait qu’on a quelque chose de distinctif et on veut miser sur cette distinction-là pour favoriser la croissance de l’entreprise», poursuit-elle, en mentionnant que sa mission reste «d’humaniser la mort». 

Marie-Ève Chamberland dit se préparer depuis plusieurs mois déjà à cette avancée, qui pourrait accélérer le développement de sa petite entreprise. «Sur le marché, on vit beaucoup de pénurie de main-d’oeuvre, mais dans mon contexte, je dirais que c’est quasiment plus l’inverse. On a beaucoup de gens qui nous ont écrit pour collaborer avec nous. C’est très positif, j’ai déjà une banque de CV prête pour la croissance de l’entreprise», assure-t-elle. 

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LA TECHNOLOGIE AU COEUR DU CONGRÈS DES THANATOLOGUES

L’intelligence artificielle a-t-elle une place dans le domaine funéraire? Que penser des cimetières virtuels ou des nouveaux services qui proposent d’utiliser la réalité virtuelle pour recréer le souvenir d’un défunt, par exemple? Choses certaines, ils viennent bousculer l’industrie des thanatologues.

«S’il y a bien un secteur d’activité au Québec qui n’a pas nécessairement suivi les tendances technologiques, c’est bien le domaine funéraire», concède Annie Saint-Pierre, directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec (CTQ), qui tient présentement son congrès annuel à Rimouski.

Les questions des technologies et de l’environnement seront au cœur des discussions de ces propriétaires d’entreprises privées dans le domaine funéraire. «On s’est associés à des organisations, des experts, des spécialistes très crédibles qui vont nous aider à regarder ce qu’on peut faire au niveau environnemental. Il faut se poser la question : est-ce que l’industrie fait les bonnes choses, ou est-ce qu’elle pourrait faire mieux?» expose Annie Saint-Pierre. 

Sur le plan des nouvelles technologies, les congressistes pourront notamment avoir l’avis de psychologues. «On fait notre travail», considère la présidente de la CTQ. «Plutôt que de vouloir innover pour innover, on prend un moment de recul, on va prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir à l’impact que ça peut avoir sur les endeuillés. On prend le temps de se poser la question : est-ce que c’est bon pour eux, est-ce qu’on fait la bonne chose?»

Nouveau recueil

La Corporation des thanatologues profitera aussi de son congrès pour lancer un nouveau recueil, Le deuil, c’est quoi?, qui sera dorénavant disponible dans les salons funéraires membres. Le document devrait aider les familles endeuillées à faire leur chemin à travers cette épreuve difficile, espère Annie Saint-Pierre, notant au passage qu’il est parfois dur de s’y retrouver dans les différentes documentations sur le sujet.