Pour la première fois, la FIQ, qui compte 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, et l'APTS, qui compte 55 000 travailleuses sociales, techniciennes en laboratoires, éducatrices en centre jeunesse et autres, négocieront ensemble pour renouveler leurs conventions collectives.

Nouvelle alliance pour les négos dans le secteur public

MONTRÉAL — La FIQ et l'APTS ont posé, mardi, les premiers jalons de leur alliance en vue de la négociation du secteur public. Elles veulent ainsi améliorer les conditions de travail de leurs membres dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Pour la première fois, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui compte 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, et l'Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux (APTS), qui compte 55 000 travailleuses sociales, techniciennes en laboratoires, éducatrices en centre jeunesse et autres, négocieront ensemble pour renouveler leurs conventions collectives.

Mardi, les deux organisations syndicales, composées à 90 pour cent de femmes, étaient réunies au Palais des congrès de Montréal, d'abord dans des salles séparées, puis ensemble pour sceller leur alliance.

«C'est une journée importante. C'est une première rencontre officielle», s'est réjouie en entrevue Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

L'alliance FIQ-APTS, qui représente 131 000 membres dans la santé et les services sociaux, déposera éventuellement au gouvernement du Québec des demandes communes portant sur les salaires, les régimes de retraite, les droits parentaux et les disparités régionales, a précisé en entrevue Carolle Dubé, présidente de l'APTS.

«On a des enjeux qui sont communs à nos titres d'emploi, qui vont teinter cette négociation-là de façon plus large, comme des problèmes de pénurie de main-d'oeuvre», a noté Mme Dubé. Les problèmes de surcharge de travail et de détresse psychologique s'ajoutent aux problèmes de recrutement et de rétention de la main-d'oeuvre.

Mme Bédard, de la FIQ, renchérit : «on vit les mêmes problématiques. On a fait les frais, assez au même niveau, des réformes, des coupures budgétaires, des décisions administratives qui ont été prises dans le réseau de la santé, dans les dernières années».

Ce qui lie l'APTS et la FIQ, c'est «la volonté de vouloir redresser les conditions de travail des gens qui travaillent au coeur du réseau de la santé au Québec», a résumé Mme Bédard.

Les conventions collectives de quelque 450 000 employés de l'État viendront à échéance en mars prochain. Normalement, les demandes des organisations syndicales sont déposées à la fin du mois d'octobre.

On ignore encore si le front commun intersyndical CSQ-CSN-FTQ parviendra à se reformer cette fois-ci.