À la tête de Beenox, un studio de jeux vidéo qu'il avait mis en monde alors qu'il n'avait que 17 ans, Dominique Brown avait étonné tout le monde en juillet 2012 en annonçant qu'il devenait propriétaire de Chocolats Favoris.

Nouvel élan de croissance pour Chocolats Favoris

L'entretien avec Le Soleil prend fin. Dominique Brown empoigne son portable. «Il faut que je vous montre quelque chose.»
À l'écran apparaissent les dernières concoctions de Chocolats Favoris actuellement testées dans quelques établissements, dont ceux du boulevard de l'Ormière et de l'avenue Cartier à Québec et qui devraient être disponibles dans les 26 chocolateries à la fin de juin. 
Des cornets éclatés. 
Vous commandez un cornet enrobé de chocolat «classique lait» et l'employé peut y ajouter des morceaux de brownies et des pépites de chocolat.
Vous pouvez aussi opter pour des carrés de sucre à la crème et du coulis de caramel. 
Ou encore pour des morceaux de biscuits Graham et des guimauves.
«Nous avons pratiquement consacré une année complète pour concevoir ces cornets éclatés», explique le président de Chocolats Favoris en insistant sur le fait que l'innovation et le développement de nouveaux produits constituaient les pierres d'assise assurant la pérennité de l'entreprise qui fait maintenant travailler 1088 personnes au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. Un commerce dont les piliers reposent sur la vente de crème glacée durant la saison estivale et de chocolat les autres mois de l'année.
Accélérer la croissance
À la tête de Beenox, un studio de jeux vidéo qu'il avait mis en monde alors qu'il n'avait que 17 ans, Dominique Brown provoquait l'étonnement en juillet 2012 en annonçant qu'il devenait propriétaire de Chocolats Favoris, une chocolaterie artisanale fondée à Lévis en 1979.
En décembre de la même année, il quittait Beenox pour devenir le grand patron de Chocolats Favoris.
Cinq ans après l'acquisition du commerce, Dominique Brown annonce que l'entreprise va accélérer sa croissance au cours des prochains mois. «Il y a une nécessité d'agir rapidement», confie l'entrepreneur. «Nous tenons à demeurer la référence dans notre marché. De continuer à être le premier à créer l'effet de nouveauté, à surprendre les consommateurs.»
Comme avec les cornets éclatés.
Derrière Chocolats Favoris, il pousse une légion d'imitateurs. Ils pensent trouver l'Eldorado en se lançant dans le commerce de la crème glacée enrobée dans le chocolat.  Aussi, dans le paysage, des concurrents craintifs de voir arriver un vigoureux compétiteur négocient des ententes d'exclusivité avec des propriétaires d'établissements commerciaux pour s'assurer que le chocolatier québécois ne viendra pas marcher dans leurs plates-bandes.
De là l'importance, pour Chocolats Favoris, d'occuper toute la place, et ce, le plus rapidement possible.
«Nous avons ouvert 10 chocolateries en 2016 et déjà quelques-unes en 2017. Nous nous préparons à accélérer la cadence d'ici le printemps 2018», affirme M. Brown, qui préfère ne pas divulguer le nombre de nouveaux commerces qui ouvriront leurs portes au cours des prochains mois. Chaque chose en son temps.
100 millions $ d'ici 2020
Si le Québec est encore assez grand pour accueillir de nouveaux Chocolats Favoris, l'expansion se fera principalement, cette année, en Ontario, notamment dans le gigantesque marché de l'agglomération urbaine de Toronto.
Chocolats Favoris possède déjà deux commerces en Ontario et un en Colombie-Britannique.
Puis, en 2018, la planète deviendra le terrain de jeu de Chocolats Favoris. 
La conquête du monde a été un leitmotiv de Dominique Brown à l'époque de Beenox. Ça demeure son grand objectif pour Chocolats Favoris. Avec celui d'atteindre un chiffre d'affaires de 100 millions $ d'ici 2020.
«Nous maintenons le cap. Nous sommes exactement là où nous devons être à cette étape-ci de notre développement, bien que des retards dans l'obtention des permis repoussent l'ouverture de certains magasins en Ontario», explique celui qui deviendra, cet hiver, le père d'un cinquième enfant et qui commence ses journées à 3h00 le matin et qui ne travaille jamais le soir et la fin de semaine. 
Si Chocolats Favoris est maintenant engagé dans un sprint pour accélérer l'ouverture de magasins, l'entreprise prend le temps de peaufiner son modèle d'affaires qui repose sur une intégration verticale de ses activités, une expertise pointue dans la recherche des meilleurs emplacements commerciaux et l'opération d'une chocolaterie ainsi que sur une capacité de se réinventer. 
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Un printemps «exécrable»!
«Cette année, ce n'est pas ordinaire. C'est excécrable!» Vous trouvez que le soleil et la chaleur mettent du temps à se montrer le bout du nez? Mettez-vous alors un peu dans la peau d'un vendeur de crème glacée! «Un printemps qui tarde à s'installer, ça nous fait mal. C'est évident que nos chiffres en souffrent», commente Dominique Brown. Heureusement, il y a le chocolat. Chez Chocolats Favoris, la météo, c'est du sérieux. L'entreprise possède des outils sophistiqués qui lui permettent de prévoir les humeurs de Dame Nature. «Nous ajustons quotidiennement le nombre d'employés dans chacune de nos 26 chocolateries en fonction de la météo», explique M. Brown.
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Tour du chapeau
Après IGA et Métro, les fondues au chocolat de Chocolats Favoris seront bientôt disponibles chez Provigo. L'entreprise vient de conclure une entente avec Loblaws qui lui permettra d'offrir très bientôt ses fondues dans 90 épiceries Provigo dans la Belle Province. «Nous serons donc présents dans les trois grandes chaînes de supermarchés au Québec», signale Dominique Brown. Pour Chocolats Favoris, la conquête des grands marchés d'alimentation a débuté en 2014 avec IGA. «Le succès a été instantané. Nos prévisions les plus optimistes ont été dépassées. Année après année, les ventes sont en constante progression», fait valoir M. Brown. La percée chez Metro s'est faite en octobre dernier. À l'extérieur du Québec, les fondues de Chocolat Favoris sont vendues dans quelques épiceries Sobeys en Ontario et chez Thrifty Foods en Colombie-Britannique.
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Hausse indigeste
Dominique Brown avale de travers l'annonce de l'Ontario de faire grimper le salaire minimum à 15 $ l'heure. Actuellement à 11,40 $ l'heure, il passera à 14 $ l'heure à compter de janvier 2018 pour s'établir à 15 $ l'heure un an plus tard. Chocolats Favoris possède deux établissements en Ontario, l'un à Ottawa et l'autre à Aurora au nord de Toronto. D'autres commerces devraient bientôt ouvrir leurs portes dans la province voisine. Pour le chocolatier de Québec, son expansion hors de la Belle Province passe par l'Ontario. «Moi, cette augmentation, je ne l'ai pas prévue dans mon budget pour l'année financière qui se terminera le 30 avril 2018. Cette annonce m'a vraiment pris par surprise.» Pour Dominique Brown, il est évident que cette décision va causer un casse-tête pour les détaillants. «Dites-moi quel commerce est capable d'absorber à l'intérieur d'une même année fiscale, une hausse de 30 % du salaire de la majorité de son personnel?» Deux solutions vont s'offrir à Chocolats Favoris : réduire les heures de travail de ses employés ou augmenter le prix de ses cornets.