Ça fait plus de 20 ans que Gaétan Morin travaille au Fonds de solidarité. Ce qui l'anime, c'est la mission de développer l'économie du Québec.

Nouveau président au Fonds de solidarité FTQ: un blason à redorer

Le Fonds de solidarité FTQ a nommé Gaétan Morin au poste de président et chef de la direction. L'ancien vice-président responsable du développement corporatif et des investissements au Fonds est reconnu comme une personne calme, qui sera en mesure de redorer le blason de l'entreprise. M. Morin travaille au sein du Fonds de solidarité depuis 1989. Il a occupé différents postes, liés aux investissements et à la gestion de portefeuille. Le Soleil s'est entretenu avec le nouveau venu.
<p>Gaétan Morin a été nommé au poste de président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ </p>
Q Quelles seront vos priorités comme nouveau président et chef de la direction du Fonds?
R J'ai trois priorités. La première va être de rappeler aux membres du nouveau gouvernement la pertinence du Fonds de solidarité dans le développement économique du Québec. La deuxième priorité va être d'accélérer notre planification stratégique, notre plan d'affaires, qui est déjà entamée depuis quelques semaines. Pour moi, c'est un peu comme une pause. Un moment qu'on doit prendre de temps à autre dans une entreprise pour ouvrir grands nos yeux et voir plus loin. Je veux m'assurer que le Fonds demeure pertinent pour les 30 prochaines années. Mon troisième objectif, qui va se faire en collaboration avec le nouveau président du conseil d'administration, Robert Parizeau, va être d'achever le travail de mettre en place la nouvelle gouvernance que nous avons annoncée au mois de février.
Q Au cours des dernières années, la réputation du Fonds et de la FTQ a été entachée en raison notamment d'allégations d'infiltration par le crime organisé. Que comptez-vous faire et qu'avez-vous fait?
R Dès 2009, dès que nous avons entendu ces allégations, le conseil d'administration du Fonds, en moins de deux mois, a changé de gouvernance. Cela s'est fait avec la mise en place de comités intermédiaires qui sont composés en majorité de personnes externes. Aujourd'hui, avant de transiter jusqu'au conseil d'administration, un dossier d'investissement passe par des étapes intermédiaires. Ils [les comités] doivent recommander au C. A. l'opportunité d'investissement. De plus, on a accordé une plus grande importance au risque réputationnel et on a installé une ligne éthique. Il est aussi important de mentionner que dorénavant, le président du C. A. du Fonds n'est ni lié à la FTQ, ni au Fonds.
Q L'ex-pdg Yvon Bolduc a été remercié après que son nom eut été cité à la commission Charbonneau. Était-il nécessaire de le sacrifier?
R Lors de l'annonce de la modernisation de la gouvernance, le 6 février, le conseil d'administration avait jugé approprié le fait qu'il fallait changer le leadership, dont le pdg...
Q Le gouvernement fédéral a annoncé son intention de couper son financement, ce qui fera passer à terme le crédit d'impôt du Fonds de 30 à 15 %. Quelles en seront les conséquences?
R Il est important de dire que, pour cette année, le crédit d'impôt est encore à 15-15. L'année prochaine, le crédit fédéral tombera à 10 % et 5 % l'année suivante. Après, on ne tombera qu'à 15 % (au lieu de 30 %). Il faut voir le Fonds comme un grand réservoir d'épargne en équilibre. Si rien ne change, on devra jouer avec le tuyau, qui est l'alimentation vers l'économie du Québec, vers les entreprises du Québec. Peut-être modifier notre gestion des risques. Aussi, on sera peut-être obligés de restreindre nos investissements dans les PME du Québec.
Q Avez-vous toujours besoin des crédits d'impôt?
R Absolument! La raison fondamentale de ça, c'est que cela nous permet de prendre des risques. Les 550 millions $ qu'on a investis cette année, c'est du capital totalement à risque. C'est un financement complémentaire à ce qui se fait dans le financement traditionnel. Au cours des 10 dernières années, nous avons investi environ 2,1 milliards en capital de risque.
Q Craignez-vous de perdre les crédits d'impôt provincial?
R Je pense que le gouvernement du Québec reconnaît notre effet sur l'économie. Ce que ne comprend pas le gouvernement fédéral. Ce dernier n'a pas fait ses devoirs avant de prendre cette décision-là.
Q Au cours des derniers mois, le Fonds de solidarité FTQ a vu son nombre d'actionnaires quelque peu diminuer (- 1706). Y a-t-il une perte de confiance des actionnaires?
R Ce qu'on a vu cette année, c'est qu'il y a eu beaucoup de rachat. C'est normal, c'était prévu. Les gens qu'on a rachetés, c'est des gens qui ont souscrit au Fonds il y a 15 ans. On est vraiment dans le peak des baby-boomers. Ce n'est pas un manque de confiance. D'ailleurs, nous avons récolté cette année 787 millions $ dans notre campagne de souscription, c'est la troisième meilleure année de notre histoire.
Q Comment vous décrivez-vous?
R Ça fait plus de 20 ans que je travaille au Fonds de solidarité. Ce qui m'anime, c'est la mission de développer l'économie du Québec.
Q Comment expliquez-vous la hausse de 1,08 $ de l'action depuis la valeur publiée en janvier 2014, et de 2,31 $ depuis celle de juillet 2013?
R La première raison, c'est le fait que notre portefeuille de mission nous donne d'excellents rendements, 9,8 % de rendement. L'autre raison, c'est notre portefeuille de placement. Cette année, notre équipe de placement a revu complètement leur politique d'investissement pour les cinq prochaines années. Cela nous a permis de dégager d'excellents rendements, on parle aussi de 9,8 %.
Le Fonds
Fondé en 1983 à la suite d'une crise économique, le Fonds de solidarité FTQ compte 613 958 actionnaires et participe à la création et au maintien de plus de 172 000 emplois. Le Fonds est partenaire, directement ou par l'intermédiaire de l'un des membres de son réseau, avec plus de 2450 entreprises.