«Ce que vous voyez, c’est la raison pour laquelle on n’est plus là. […] On a affaire à quelqu’un qui veut grandir trop vite. Il veut vendre la marque», a indiqué au Soleil Nicolas Nourcy, qui oeuvrait dans l'entreprise familiale jusqu'à son acquisition par Michel Bellavance, l'an dernier.

Nourcy en difficultés financières

«Ce que vous voyez, c’est la raison pour laquelle on n’est plus là.» La famille Nourcy, qui n’a plus de lien avec le Groupe Nourcy qu’elle a fondé en 1977, n’est pas étonnée des difficultés financières que connaît actuellement l’entreprise.

Le Groupe Nourcy a annoncé vendredi la «suspension temporaire» des activités de ses comptoirs et du service de traiteur. «La situation économique difficile en affaires, et particulièrement en restauration, de même qu’une expansion probablement trop rapide de l’entreprise qui a nécessité beaucoup d’investissements en peu de temps, expliquent le contexte actuel», a-t-on expliqué dans un communiqué de presse.

«Les activités en restauration du Groupe Nourcy sur le site du Village Vacances Valcartier, à l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec ainsi qu’au restaurant Le Commissariat [dans Lebourgneuf] ne sont affectées d’aucune façon et demeurent en opération pour desservir la clientèle», a-t-on indiqué.

On en comprend donc — la firme de relations publiques qui a produit le communiqué et Nourcy n’ont pas rappelé Le Soleil pour d’éventuelles précisions — que les activités au Centre Vidéotron, ainsi qu’aux comptoirs de Lévis, Lebourgneuf et sur le boulevard Pierre-Bertrand sont suspendues, de même que celles du camion de cuisine de rue.

Les Nourcy pas surpris

Nourcy était à la base une entreprise familiale, fondée en 1977. Mais depuis l’an dernier, il n’y a plus aucun membre de la famille Nourcy parmi ses actionnaires. L’entreprise, y compris le nom, a été acquise par l’homme d’affaires Michel Bellavance. Ce dernier avait une participation minoritaire dans l’entreprise lors de son arrivée il y a quelques années. Il a tout acquis en vertu d’une entente signée avec la famille en mars 2017.

Son ancien collègue, Nicolas Nourcy, ne se réjouit pas «du malheur des autres». Mais si lui et sa sœur, qui pilotaient le service de traiteur, ainsi que sa mère, qui dirigeait la boutique de Place Sainte-Foy, ont quitté l’entreprise, c’était justement parce qu’ils craignaient une expansion trop rapide. «Ce que vous voyez, c’est la raison pour laquelle on n’est plus là. […] On a affaire à quelqu’un qui veut grandir trop vite. Il veut vendre la marque.»

Selon lui, la famille Nourcy serait probablement toujours propriétaire du commerce si elle avait eu les reins plus solides lors des négociations avec M. Bellavance. «C’était une mésentente d’actionnaire sur le futur de Nourcy. […] La raison pour laquelle on est partis, c’est que nous on était moins riches. C’est juste une question d’argent.» La famille Nourcy est aujourd’hui propriétaire du comptoir Origine café-traiteur de Place Sainte-Foy.

En entrevue au Soleil en août 2017, Michel Bellavance avait exposé son modèle d’affaires. «Je veux que l’entreprise soit partout à travers le Québec. Je veux augmenter le nombre de comptoirs Nourcy. Je souhaite faire la distribution de mes produits dans les IGA. Je ne veux pas que les gens viennent vers moi, je vais vers les gens, les endroits où ils se trouvent», avait-il répondu à la question «où voyez-vous votre entreprise dans cinq ans».