Les frères Anthony et Jonathan Bourbonnière de Multi Action Communication, entreprise spécialisée dans la fabrication d’étiquettes autocollantes

Multi-Action Communication: 7,4 M $ pour multiplier les étiquettes

Sachant que Le Soleil allait publier un texte sur l’investissement de plus de 7,4 millions $ que son entreprise vient de réaliser, Jonathan Bourbonnière glisse à l’oreille du journaliste qu’il a besoin de bras et de cerveaux. Et ça presse!

«J’ai un poste d’adjoint administratif à pourvoir. Je recherche aussi du personnel pour notre équipe des ressources humaines. Un webmestre aussi. Ajoutez à la liste des pressiers, des manœuvres et des journaliers pour le département de l’expédition. Des employés, nous aimerions en recruter davantage. Nous en cherchons tout le temps. Ici, nous roulons avec trois quarts de travail par jour. Lorsque je vous dis que nous vivons une pénurie de personnel à Québec, ce n’est pas une blague. Croyez-moi!»

À peine âgé de 18 ans, Jonathan Bourbonnière fondait Multi-Action Communication en 1993. 

Quelques années plus tard, son jeune frère, Anthony, le rejoignait aux commandes de l’entreprise de L’Ange-Gardien, en banlieue de Québec, spécialisée dans la fabrication d’étiquettes autocollantes.

Des étiquettes qui sont apposées sur les fruits et les légumes dans les supermarchés, sur les bouteilles d’huile d’olive, sur les pneus vendus par les garagistes ou sur les emballages flexibles. 

Ou encore les étiquettes que les clients du Village Vacances Valcartier ou du Centre de ski Le Relais reçoivent pour accrocher à leur mateau une fois qu’ils ont payé leur accès au centre de jeux d’hiver ou à la montagne.

Multi-Action surfe sur une vague de croissance.

«Au cours des cinq dernières années, nos ventes ont grimpé de 25 % à 35 % par année», fait remarquer Jonathan Bourbonnière en signalant que l’entreprise qui fait travailler une soixantaine de personnes réalisait maintenant 60 % de son chiffre d’affaires à l’extérieur du Québec, dont 10 % aux États-Unis. 

Et c’est chez nos voisins du sud que se fera la croissance de Multi-Action au cours des prochaines années.

Un «défi», avoue Jonathan Bourbonnière, en prenant soin de mentionner qu’il n’était pas évident de percer un marché aussi protectionniste que celui des États-Unis dans lequel les concurrents de l’entreprise québécoise ne se font pas de quartier.

«Ce n’est pas pour nos beaux yeux que nos clients travaillent avec nous. C’est avant tout parce que nous sommes des innovateurs», affirme Anthony Bourbonnière. Au plan environnemental, par exemple, l’entreprise propose un produit ne possédant pas de papier dorsal ce qui lui procure un avantage concurrentiel en matière de développement durable.

Vancouver, l’Ontario et les États-Unis

Pour répondre aux besoins de ses clients nationaux, Multi-Action a commencé à étendre ses tentacules au Canada.

Il y a six mois, la compagnie faisait l’acquisition d’une usine de fabrication d’étiquettes autocollantes à Vancouver qui compte presque autant de travailleurs que celle de L’Ange-Gardien.

«Nous sommes également en pourparlers afin de mettre le grappin sur des installations en Ontario. La transaction devrait se conclure au début de la prochaine année», signale Jonathan Bourbonnière en mentionnant que les États-Unis sont également dans la mire de Multi-Action. «Nous avons déjà un pied-à-terre en sol américain pour veiller à la distribution de nos produits. Nous analysons actuellement les opportunités d’y faire également de la production.»

Dans un marché passablement fragmenté en Amérique du Nord, Multi-Action se range résolument dans le camp des prédateurs et non pas dans celui des proies.

Virage numérique incontournable

À l’origine, la société des frères Bourbonnière avait pignon sur rue dans le parc industriel de Beauport dans un local de 25 000 pieds carrés. 

Elle a déménagé ses pénates sur la Côte-de-Beaupré, l’hiver dernier, dans des installations modernes de près de 43 000 pieds carrés.


Ce n’est pas pour nos beaux yeux que nos clients travaillent avec nous. C’est avant tout parce que nous sommes des innovateurs
Anthony Bourbonnière, de Multi-Action Communication

Lundi, l’entreprise dévoilait les grandes lignes d’un investissement de plus de 7,4 millions $ visant à accroître sa productivité, notamment par l’acquisition de nouveaux équipements, par l’implantation d’un progiciel de gestion intégrée et par le renforcement de sa présence commerciale sur le Web.

«Si nous voulons poursuivre et accentuer notre croissance, le virage numérique est un passage obligé», soutenait l’ainé des deux frères Bourbonnière.

La députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, était présente à la conférence de presse pour annoncer une aide de près de 2 millions $ à Multi-Action de la part d’Investissement Québec, du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et de celui du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale sous la forme d’un prêt de 950 000 $, d’un coup de pouce remboursable de 950 000 $ et de contributions non remboursables de 60 000 $.

L’investissement de 7,4 millions $ a déjà permis la création d’une dizaine de nouveaux emplois.