Brian Mulroney est un fervent défenseur du libre-échange, ayant joué un rôle majeur dans la ratification de l'accord avec les États-Unis au début de 1988 alors qu'il était premier ministre.

Mulroney décoche des flèches à Trump et Clinton

Il est «illusoire» pour Donald Trump de penser qu'il peut déchirer l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) advenant son élection comme président des États-Unis, estime l'ex-premier ministre Brian Mulroney, qui s'inquiète aussi de la possibilité que les démocrates puissent prochainement reprendre le contrôle du Sénat.
Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mardi, M. Mulroney s'est alarmé des positions de la candidate démocrate Hillary Clinton, qui, à son avis, s'est rangée derrière les arguments «farfelus» du sénateur «socialiste» du Vermont - et rival malheureux de Mme Clinton lors de la course à l'investiture - Bernie Sanders.
«Si les démocrates reprennent le contrôle du Sénat, ce qui semble être le cas, ce sera difficile pour le Canada en matière de commerce», a-t-il affirmé, en référence aux positions plutôt tièdes de Mme Clinton en matière de libre-échange.
Pendant la course à l'investiture démocrate, Mme Clinton a tenté de rallier les partisans de M. Sanders en montrant une ouverture à certaines propositions de ce dernier.
M. Mulroney est un fervent défenseur du libre-échange, ayant joué un rôle majeur dans la ratification de l'accord avec les États-Unis au début de 1988 alors qu'il était premier ministre.
Quant à M. Trump, s'il voulait mettre fin à l'ALENA, il se ferait probablement rappeler à l'ordre par les sénateurs des 38 États qui comptent sur le Canada comme principal client, a expliqué M. Mulroney.
«L'ALENA représente près de 11 millions d'emplois dans ces États, a souligné l'ancien premier ministre canadien. Pour moi, tout cela est illusoire.»
L'effet de l'ALENA sur le Mexique
Alors que les propos de M. Trump à l'égard du Mexique sèment la controverse depuis plusieurs mois, M. Mulroney affirme que l'ALENA a eu l'effet escompté sur l'économie mexicaine, puisque pour la première fois en 25 ans, un plus grand nombre de Mexicains ont décidé de retourner vivre dans leur pays d'origine puisque les perspectives semblent s'améliorer.
«M. Trump n'a pas compris cela encore, a dit M. Mulroney. Le traité a réglé à la fois les questions économiques ainsi que les problèmes entourant l'immigration.»