La jeune entrepreneure Andrea Gomez en compagnie d’Alain Aubut, promoteur et porte-parole de MoovjeeQC et de Jeff Doucet, pdg de J’entreprends Québec.

MoovjeeQC, une porte qui s’ouvre pour les jeunes entrepreneurs

EXCLUSIF / De nombreux jeunes aimeraient se lancer en affaires ou reprendre une entreprise existante, mais le long processus et les embûches en refroidissent plus d’un. La communauté d’affaires de Québec lance donc MoovjeeQC pour les aider à réaliser leur rêve.

Né en France en 2009, le mouvement Moovjee accompagne, promeut, informe et forme les futurs entrepreneurs âgés de 18 à 30 ans. Sa mission est d’inciter les jeunes à considérer comme avenir professionnel la création ou la reprise d’une entreprise pendant ou après leurs études. 

La ville de Québec n’est pas dépourvue d’offres pour accompagner les apprentis entrepreneurs, mais ils doivent souvent frapper à plusieurs portes et connaître les différents programmes pour arriver à leurs fins, et beaucoup jettent l’éponge. Selon l’indice entrepreneurial québécois 2018, seulement 3,9 % des jeunes de 18 à 35 ans sont propriétaires d’une entreprise contre 6,3 % de la population en général, et ce, malgré un taux d’intention de 36,9 % chez les jeunes. 

En 2013, Alain Aubut, alors pdg de la Fondation de l’entrepreneurship, avait déjà fondé MoovjeeQC, mais contrairement à cette fois-ci, la première mouture ne proposait que le mentorat d’affaires. «On n’avait pas les relations pour les axes pro bono, reconnaissance, former et informer. Après deux ans, le programme s’est mis à plat», explique M. Aubut, promoteur et porte-parole de MoovjeeQC.

La version 2019 développée en partenariat avec J’entreprends Québec, qui sera offert cet automne, proposera une plateforme numérique collaborative basée sur les trois piliers. «Elle mettra en valeur toute l’offre de l’écosystème entrepreneuriat jeunesse de la région de Québec», fait valoir M. Aubut. «En 2013, la communauté entrepreneuriale n’était pas très mature au niveau de la jeunesse et les gens travaillaient beaucoup en silo. Depuis cinq ans, on développe des synergies avec les acteurs en place pour bâtir des initiatives communes pour créer des catalyseurs pour les jeunes», ajoute Jeff Doucet, pdg de J’entreprends Québec.

Il y aura également un système de récompenses pour inciter les 18-30 ans à poser les bonnes actions et à s’entraider, et une mission annuelle en France qui permettra aux jeunes entrepreneurs québécois de se marier avec les entrepreneurs français. En plus de J’entreprends Québec, porteur du projet, six organismes du milieu des affaires ont embarqué : Le Camp, Capitale Entrepreneur, L’École d’entrepreneuriat de Québec, la Jeune Chambre de commerce de Québec, Sage-Mentorat d’affaires et l’Université Laval.

Un parcours semé d’embûches

Il ne suffit pas d’avoir une idée pour se lancer en affaires. Andrea Gomez, directrice générale de Omy Laboratoires, en sait quelque chose. Conseillère en gestion de projet avec un très bon salaire à Revenu Québec, elle a toujours voulu créer son entreprise de cosmétiques sur mesure. «J’ai rapidement constaté que je manquais de connaissances en chimie. J’ai commencé à faire du réseautage pour trouver la bonne personne qui me permettrait de mener mon projet à terme», raconte Mme Gomez, qui a rencontré son associée, Rachelle Séguin, chimiste cosméceutique, lors d’une soirée de réseautage à l’Université Laval. 

Les deux partenaires se lancent dans leur projet, mais très vite, les premières difficultés arrivent et elles s’aperçoivent qu’elles ont besoin d’aide pour passer au travers. «On a dû vendre nos actions et on a eu un conflit avec une troisième personne qui était à ce moment-là dans l’entreprise. On ne savait pas comment gérer ce genre de situation», relate-t-elle. 

Contrairement à bien des entrepreneurs, elles n’ont pas abandonné et ont frappé à une nouvelle porte, Sage-Mentorat d’affaires, pour être accompagnées par un mentor. «Normand Lessard est impliqué à chaque nouveau jalon de l’entreprise. Il nous amène un regard externe et une expertise. Il pose les bonnes questions et il ne porte pas de jugements. Il nous aide à voir les pour et les contre de chaque situation et à prendre les bonnes décisions. C’est ça qui a fait toute la différence dans notre parcours». Un an après sa création, Omy Laboratoires est passé de 2 à 14 employés. 

Andrea Gomez a su slalomer et passer par dessus les obstacles pour amener son entreprise vers le succès. Elle participe également à des concours pour obtenir du financement, suit des formations. Selon elle, MoojveeQC permettra à de jeunes entrepreneurs de ne pas s’essouffler face à toutes les portes qu’il faut enfoncer pour y arriver. «Ça peut faciliter la croissance d’une entreprise. Ça va permettre d’avoir une mise en relation avec les différents organismes et aides qui sont disponibles», estime-t-elle.

«On en veut plus, des Andrea Gomez», s’exclame Jeff Doucet. «Moojvee devient un chapeau pour regrouper tout ce qui existe pour accompagner les jeunes entrepreneurs.»

«Grâce à Moovjee, si on double le nombre de jeunes entrepreneurs, on vient de changer l’économie du Québec», renchérit Alain Aubut. 

Le financement de MoovjeeQC est assuré par les sept organismes. Le mouvement a également reçu une subvention de 50 000 $ du Secrétariat à la jeunesse du Québec.