Ce sont les Metro de Charlesbourg et de L'Ancienne-Lorette qui sont les premiers à se lancer dans l'aventure.

Moisson Québec s'approvisionnera à l'épicerie

Pour la première fois de son histoire, Moisson Québec ira s'approvisionner directement dans deux épiceries de Québec en viande, poisson et aliments transformés.
Ce sont les Metro de Charlesbourg et de L'Ancienne-Lorette qui sont les premiers à se lancer dans l'aventure. Les employés ont été formés pour congeler adéquatement la nourriture non vendue quelques jours avant la date de péremption. 
À terme, 70 détaillants de la grande région de Québec pourraient ainsi contribuer à réduire leur gaspillage tout en donnant aux plus démunis. «En fait, toutes les bannières nous ont dit oui et ont hâte qu'on arrive chez eux», soutient Élaine Côté, directrice générale de Moisson Québec. L'organisme doit toutefois prendre une bouchée à la fois et s'assurer d'avoir les équipements nécessaires pour traiter toute cette nourriture hautement périssable. 
«Ça a l'air facile comme ça, mais ça ne l'est pas. On va avoir besoin de plus de camions réfrigérés sur la route, d'un plus grand congélateur et de plus d'espace pour faire le tri», explique Mme Côté. 
Pour le moment, la viande et les produits laitiers recueillis dans les épiceries ne seront pas acheminés chez monsieur et madame Tout-le-monde. Ce sont plutôt les organismes qui offrent des soupes populaires qui en profiteront, question de garder le plus de contrôle possible sur la salubrité des aliments. 
Moisson Québec est déjà soumise aux exigences du ministère de l'Agriculture (MAPAQ). «Mais comme on ne déballe pas la viande pour la réemballer, les possibilités de contamination sont minimes», explique Mme Côté. 
Inspiration montréalaise
Il y a un an, Moisson Montréal a mis sur pied un projet pilote semblable, qui s'est avéré concluant. C'est pourquoi Metro souhaite qu'à terme, tous ses magasins au Québec puissent donner de la nourriture aux banques alimentaires. Pour la chaîne, ce don à la société se fera à coût presque nul. «Mais on doit s'associer avec des partenaires qui sont bien organisés», soutient Marie-Claude Bacon, directrice des affaires corporatives chez Metro. 
Pourquoi ne pas avoir mis en place un tel système avant? «Parce qu'il y a des coûts associés à ça, il faudra faire des investissements. Mais l'évolution du marché agroalimentaire nous oblige à travailler autrement», soutient Mme Côté. 
Moisson Québec a, par exemple, de plus en plus de difficulté à s'approvisionner auprès des transformateurs et des grossistes, qui ont tellement affiné leurs techniques qu'ils n'ont presque plus de pertes. Par exemple, l'organisme pouvait recevoir des dizaines de palettes des petits gâteaux aux bleuets emballés dans des boîtes indiquant des gâteaux aux fraises. «Ça, ça n'existe presque plus», soutient Mme Côté. 
La fermeture de plusieurs entrepôts alimentaires dans la capitale fait aussi en sorte que Moisson Québec doit parfois s'approvisionner à Montréal ou à Toronto en produits non périssables. En allant chercher de la nourriture dans les commerces de proximité, l'organisme sera aussi en mesure d'offrir plus de variété aux gens dans le besoin.