Le défi pour l'économie des pays émergents reste leur dette qui pour la moitié d'entre eux va encore augmenter de 10 points en 10 ans par rapport à leur PIB.

Moins de risques pour la croissance internationale, selon la Banque mondiale

Pour la première fois en plusieurs années, la Banque mondiale a maintenu inchangée sa prévision de croissance dans le monde, notant l'absence de nouveaux risques qui mettraient en péril l'expansion économique de la planète.
«Nous n'avons pas abaissé notre prévision de croissance pour la première fois en quatre ans et je pense que c'est un très bon signe. La croissance se raffermit», a déclaré l'économiste de la Banque mondiale Ayhan Kose, dans un entretien à l'AFP.
L'institution d'aide au développement prévoit une croissance de 2,7 % pour l'économie mondiale cette année, et 2,9 % en 2018 et 2019, confirmant ses projections de janvier. Et après une décennie qui a vu la crise financière de 2008 puis une reprise poussive, des projections stables sont à marquer d'une pierre blanche.
M. Kose, responsable du groupe de prospective du développement de la Banque qui deux fois par an prépare ces prévisions, attribue la bonne nouvelle au fait que les risques économiques ont diminué.
Parmi ces risques figurent les turbulences potentielles des marchés financiers qui cherchent à digérer la hausse des taux d'intérêt américains, l'incertitude autour de la stabilité des prix pétroliers et les inquiétudes autour des résultats des élections en Europe.
Mais après deux hausses de taux par la Banque centrale américaine (Fed) ces derniers mois - en décembre 2016 et en mars 2017 -, les marchés «ont très bien réagi».
Du côté des élections en Europe, l'incertitude «a fortement diminué», les électeurs français ayant rejeté la candidate eurosceptique Marine Le Pen. Quant aux prix du pétrole, qui sont encore bas, ils se sont stabilisés après l'accord conclu en fin d'année dernière entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires producteurs de pétrole pour limiter la production.
Néanmoins, les incertitudes aux États-Unis sur la politique du président Donald Trump, que ce soit en matière commerciale ou d'immigration, ont un effet immédiat sur les conditions économiques qui pourraient ralentir la croissance, a ajouté M. Kose.
Pays émergents
Autre risque présent : le «sérieux ralentissement» des investissements dans les pays émergents auquel on assiste depuis maintenant six ans. Ils n'ont progressé que de 3 % en 2016 contre 10 % en 2010 même si les économies émergentes (Chine, Brésil, Mexique, Inde, Indonésie, Turquie et Russie) sont redevenues un des moteurs clés de la croissance sur le globe.
Si l'expansion du PIB de la Chine ralentit à + 6,5 % cette année et 6,3 % les deux prochaines années, la Russie et le Brésil vont renouer avec la croissance après deux ans de récession.
Les pays émergents et en développement vont croître de 4,1 % cette année, après 3,5 % en 2016. Leur expansion devrait s'accélérer à 4,5 % en 2018 et 4,7 % en 2019. Le défi pour ces économies reste leur dette qui pour la moitié d'entre eux va encore augmenter de 10 points en 10 ans par rapport à leur PIB. Cela les rend vulnérables, notamment à une hausse des taux d'intérêt, a souligné l'économiste.
Changement climatique
Dernier risque d'importance : le changement climatique.
Le rapport, réalisé avant la décision annoncée par les États-Unis de se retirer de l'accord de Paris sur le climat, ne mentionne pas l'impact éventuel de ce retrait. Mais la Banque mondiale est chargée d'aider les pays pauvres à faire face à ces défis, qui à travers les sècheresses et autres catastrophes naturelles, affectent déjà «un grand nombre de gens».