L'arrivée du géant américain pourrait limiter les hausse de prix de ses concurrents au Québec.

Mobil débarque à Québec

Très visible du côté du pays de Donald Trump, l’enseigne Mobil a ouvert sa première succursale dans la capitale au cours des dernières semaines, dans le secteur de Charlesbourg.

Selon CAA-Québec, l’arrivée de ce «nouveau» géant — il faut dire que sa marque soeur est déjà présente au Canada — dans le marché de Québec pourrait «stimuler» l’industrie en limitant peut-être les hausses de prix.

«C’est toujours positif d’avoir un nouveau joueur dans un marché. Il peut utiliser de nouvelles tactiques ou stratégies pour attirer les consommateurs chez lui», indique au Soleil le porte-parole, Pierre Olivier Fortin.

Ce dernier rappelle que Mobil s’est récemment aussi installé du côté du Saguenay. Au cours des dernières semaines, le prix de l’essence dans cette région a connu l’une des plus importantes baisses à travers la province. Le litre s’est transigé durant plusieurs jours à 1,21 $.

«Cela coïncide avec l’arrivée de Mobil dans cette région. C’est possible que cela ait un impact. On voit que les prix sont très bas par rapport aux indicateurs pétroliers. Les marges au détail étaient presque à zéro», avance M. Fortin.

La marque de carburant a été lancée dans le marché canadien en 2017. L’objectif était de posséder à court terme plus de 200 stations-service à travers le pays. Dans la province, la bannière a choisi de s’établir à proximité de neuf enseignes de Loblaw.

Elle possède actuellement des points de vente en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, en Ontario, au Québec, en Saskatchewan et au Yukon.

En plein développement

La première phase d’expansion en sol canadien de la marque Mobil est gérée par la société Brookfield Business Partners qui a conclu une entente avec Imperial Oil, propriété à 70 % de la texane ExxonMobil.
Brookfield avait avalé en 2017 pour 540 millions $ le réseau de 213 stations-service avec dépanneurs de Loblaw.

Pour l’heure, la direction de Mobil n’aurait pas l’intention d’offrir des prix aussi bas que Costco. Il est toutefois important de mentionner que Mobil est le petit frère de la marque Esso, déjà bien implantée au Canada, puisque les deux enseignes appartiennent à Imperial Oil.

Mardi, dans la Capitale-Nationale, le litre d’essence ordinaire se vendait à 128,4 ¢ chez Mobil et à 125,4 ¢ du côté du Costco Lebourgneuf.

Selon CAA-Québec, le prix réaliste pour un litre est actuellement de 133,8 ¢ et le prix moyen à la pompe est de 128,9 ¢. Le prix réaliste comprend le coût d’acquisition de 127,5 ¢ et la marge au détail moyenne des 52 dernières semaines, soit 6,3 ¢.

«Les marges sont très faibles depuis quelques semaines [0,8 ¢, mardi]. Le marché est donc favorable depuis quelques jours aux automobilistes», conclut M. Fortin, rappelant que depuis l’arrivée des trois super essenceries Costco sur le territoire, les automobiles peuvent magasiner davantage leur essence.

L’Américaine ExxonMobil est valorisée à environ 460 milliards $ à la bourse.

À titre indicatif, selon le site Gas Buddy, les consommateurs paient en moyenne 2,865 $ le gallon du côté des États-Unis. Ce qui signifie environ... 75 ¢US le litre.