Les deux fondateurs de Glacies Technologies, Maxim Bergeron et Mathieu Kirouac.

Mission: empêcher la neige de fondre

En ville, la neige a fini par fondre. Maxim Bergeron et Mathieu Kirouac le regrettent un peu. Leur dada, que voulez-vous, c’est le stockage de la neige et de la glace.

«C’est en roulant sur les autoroutes et en voyant tous ces dépôts à neige que l’idée a germé», explique Maxim Bergeron. «Cette neige-là, c’est un déchet, mais elle doit avoir une certaine valeur quelque part. À nous de la découvrir.»

Maxim Bergeron et Mathieu Kirouac se sont connus à l’Université Laval.

Le premier possède un baccalauréat en génie électrique et une maîtrise en transport de l’énergie électrique. Il est aujourd’hui candidat à un doctorat en génie électrique. Le second poursuit son cheminement académique à l’Université de Sherbrooke après l’obtention d’un baccalauréat en génie mécanique et d’une maîtrise en génie.

Entre deux cours et des petits contrats de consultant, ils ont mis au monde, en mars dernier, Glacies Technologies.

À peine quelques mois plus tard, les deux jeunes hommes ont reçu, mardi, le Prix de l’entrepreneur environnemental de l’année décerné par Mitacts, un organisme canadien sans but lucratif qui appuie financièrement la recherche universitaire par différents programmes de partenariats d’innovation industrielle et sociale. Le jury a apprécié la pertinence de leur plan d’affaires et leur esprit entrepreneurial.

Un départ sur les chapeaux de roues, donc, pour l’entreprise en démarrage dont la mission est de développer et de commercialiser des équipements permettant de stocker de grandes quantités de neige et de glace.

Une membrane isolante

Le site Internet de Glacies Technologies n’est pas encore à point. Leur produit n’a pas encore une identité commerciale. Les demandes de brevet sont faites auprès des autorités compétentes.

N’empêche que la jeune pousse oeuvrant dans le domaine des énergies renouvelables fait déjà tourner les têtes, notamment celles des propriétaires de centres de ski.

Ces derniers doivent attendre l’arrivée des basses températures avant de commencer à produire de la neige artificielle. Difficile, dans ces conditions, d’établir une date fixe pour l’ouverture de la saison.

Voilà qu’entre en scène Glacies Technologies.

Les deux jeunes entrepreneurs ont mis au point une membrane de plastique qui, une fois déposée sur un tas de neige ou de glace, en permet la conservation pendant tout l’été. «Assez longtemps pour qu’une station de ski ait suffisamment de neige en réserve pour en tapisser les pentes à date fixe, la nouvelle saison venue», explique Maxim Bergeron au Soleil. «Le propriétaire de la station de ski n’a qu’à retirer le produit isolant et à étendre la neige sur les pistes afin d’accueillir les premiers skieurs avant l’arrivée du froid et la chute des premiers flocons.»

M. Bergeron explique que la membrane est faite à 95 % de polystyrène recyclé. «Un bon geste pour l’environnement puisque ce plastique est généralement condamné à être brûlé ou enfoui.»

Dans les Alpes, depuis quelques années, les stations de ski utilisent la sciure de bois pour stocker la neige et l’empêcher de fondre d’une saison à l’autre. Il y a quelques années, des copeaux de bois avaient été utilisés comme couche isolante sur une portion de 1,5 kilomètre d’une piste de ski de fond dans la Forêt Montmorency.

«Notre entreprise a le potentiel de transformer les façons de faire dans l’industrie du ski», affirme M. Bergeron en précisant que les dirigeants de stations de ski du Québec ont tendu une oreille attentive à la trouvaille de Glacies Technologies.

D’autres marchés

L’industrie du ski est la première cible des deux jeunes entrepreneurs de Québec.

Ils entendent éventuellement proposer des solutions novatrices de stockage de glace aux grands consommateurs d’énergie afin de réduire, par exemple, les coûts de réfrigération des centres de serveurs ou des centrales électriques thermiques.

«Et pourquoi ne pas valoriser les dépôts à neige municipaux ?», suggère Maxim Bergeron qui apprécie hautement la distinction reçue de la part de Mitacts. 

«Être en affaires, c’est une constante remise en question. Fait-on les bons choix ? Avez-nous le bon produit entre les mains ? Cette marque de reconnaissance montre que nous avons trouvé peut-être trouvé un bon filon.»