À l’avant, Marie-Josée Chouinard, et une partie de son équipe chez Québec International chargée d’aider les entreprises à recruter de la main-d’œuvre à l’étranger.

Mission de recrutement virtuelle: des milliers de CV étrangers

Attirante, la région de Québec pour les chercheurs d’emploi étrangers? L’engouement provoqué par la nouvelle mission de recrutement virtuelle initiée par Québec International est sans équivoque.

Attirante, la région de Québec pour les chercheurs d’emploi étrangers? L’engouement provoqué par la nouvelle mission de recrutement virtuelle initiée par Québec International est sans équivoque.

Un peu plus de 10 000 personnes provenant de près d’une centaine de pays ont postulé pour l’un ou l’autre des 500 postes affichés par 27 entreprises de la région de Québec.

Puisque les chercheurs d’emploi pouvaient manifester leur intérêt pour plus d’un poste, c’est plus de 30 000 candidatures qui ont été reçues.

Cette septième mission de recrutement virtuelle pilotée par Québec International éclipse toutes les autres en termes de candidatures récoltées, constate Marie-Josée Chouinard, directrice principale en attraction de talents au sein de l’organisme de promotion et de développement économique.

Alors que les opérations précédentes visaient exclusivement certaines régions du globe, comme l’Amérique latine par exemple, Québec International a choisi, cette fois, d’élargir son territoire de recrutement au monde entier.

Rien de moins.

«Chaque fois que nous avons réalisé une mission de recrutement virtuelle, nous avons constaté que les candidatures provenaient d’un peu partout et non pas seulement des pays visés par nos interventions. Vous savez, dans le cadre d’une mission virtuelle, il n’existe plus aucune frontière. Nous avons réalisé qu’il pouvait y avoir un potentiel incroyable de talents à tenter de séduire.»

Opération charme

Faut croire que Québec International et les 27 entreprises participantes ont misé juste. Pour faire connaître les postes disponibles, Québec International a déployé tout son arsenal.

«Nous avons fait appel à toutes les antennes du gouvernement du Québec à l’étranger. Nous avons mis à contribution nos partenariats avec les services publics d’emplois dans plusieurs pays. Nous avons aussi accordé des entrevues à des médias d’information qui rejoignent un grand public.

Au lendemain de la publication d’un reportage dans un journal brésilien, nous avons compté 35 000 visiteurs en une seule journée sur notre site Internet», raconte Marie-Josée Chouinard en ajoutant que le «bouche-à-oreille» avait fait son œuvre.

En effet, la région de Québec n’est plus une terre inconnue pour les chercheurs d’emploi étrangers. Au cours de la dernière décennie, Québec International a accompagné près de 600 entreprises de la région lors de 37 missions de recrutement en Europe, au Maghreb, au Canada et en Amérique latine.

Depuis mars 2008, 2367 travailleurs qualifiés ont été recrutés par le biais de ces missions et autres initiatives d’attraction de talents. Au total, cela représente plus de 6000 nouveaux arrivants, incluant conjoints et enfants, dans la région de Québec.

En ce qui a trait aux incontournables médias sociaux, ils ont été utilisés pleinement, notamment pour cibler les profils les plus recherchés dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) sur LinkedIn.

Pour «vendre» la capitale aux chercheurs d’emploi étrangers, Québec International et les employeurs ont recours à trois principaux arguments : les nombreuses opportunités de carrière, la qualité de vie et l’environnement sécuritaire pour élever une famille.

Encore plus de missions

«Évidemment, nous veillons à ne pas trop embellir les choses pour ne pas décevoir les nouveaux arrivants», précise la directrice principale en attraction de talents.

Lundi, le gouvernement du Québec annonçait qu’il versait un coup de pouce de 3,5 millions $ à Québec International pour lui permet de faire passer de 7 à 16 le nombre de missions à l’étranger au cours de la prochaine année.

Des pèlerinages — sur place ou virtuels — pour recruter des travailleurs, mais aussi des étudiants pour «repeupler» les maisons d’enseignement, notamment du côté de la formation technique et professionnelle.

Déjà, des missions sont annoncées.

Au début de septembre, Québec International accompagnera au Mexique trois entreprises de la capitale évoluant dans le domaine des jeux vidéo — Rodeo FX, Squeeze Studio Animation et Ubisoft — dans une quête des meilleurs talents à l’occasion d’un important rassemblement des joueurs de cette industrie.

Puis, à la fin de novembre et au début de décembre, des employeurs s’envoleront pour Tunis et Paris dans l’espoir de trouver les perles rares qu’elles n’arrivent plus à débusquer dans leur coin de pays.

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PLUS DE 1500 ENTREVUES À RÉALISER

Pour les 27 entreprises qui participent à la mission de recrutement virtuelle «mondiale», c’est un retour à la belle époque!

Celle au cours de laquelle les spécialistes des ressources humaines triaient encore les C.V.

«La rareté de main-d’œuvre est d’une telle ampleur que les employeurs n’en reçoivent presque plus. Je sens un brin de fébrilité dans leurs yeux», fait remarquer Marie-Josée Chouinard, directrice principale de l’attraction des talents chez Québec International.

Ces entreprises — les deux tiers proviennent du monde des technologies de l’information et des communications (TIC), les autres de l’industrie de la fabrication — ont actuellement entre les mains les noms des personnes qui ont postulé pour les emplois offerts.

Une présélection a d’abord été réalisée par les membres de l’équipe de Marie-Josée Chouinard.

«Les employeurs épluchent actuellement le C.V. pour déterminer l’identité des candidats qui seront rencontrés pour une entrevue», explique-t-elle. «Dans un premier temps, les entreprises vont vouloir évaluer les connaissances de la langue française des candidats qui ne proviennent pas des pays de la francophonie.»

Les entrevues se tiendront à la mi-septembre. «Il devrait y avoir plus de 1500 en l’espace de deux semaines. Ça se tiendra dans nos bureaux. Chaque jour, cinq entreprises viendront s’entretenir avec les candidats retenus par l’entremise de la visioconférence», signale Marie-Josée Chouinard. «C’est tout un contrat! Il faut tenir compte des conditions de communication dans chaque pays et du décalage horaire évidemment.»