Ce n'est pas la première fois que Metro tente de prendre de l'expansion. 

Minuit moins une pour l'épicier?

Metro avait faim. Ce n'est pas la première fois que le géant de l'alimentation tente de prendre de l'expansion. En 2013, Sobeys avait raflé Safeway à l'entreprise québécoise qui se tourne maintenant vers sa division pharmaceutique pour augmenter ses parts de marché. Metro se devait-il de faire une transaction pour demeurer un joueur important? Le professeur de marketing à HEC Montréal, Jacques Nantel, répond à nos questions.
Q S'agit-il d'une transaction surprise?
R Pas vraiment, cela fait quatre ans qu'il y a des rumeurs. Il y a deux semaines, l'action avait bougé à la hausse, et ce, sans raison. La surprise sera de savoir ce que Metro souhaite faire avec ce regroupement.
Q Comment trouvez-vous ce mariage? 
R C'est un bon fit. Il était pratiquement nécessaire. Le monde du commerce de détail se consolide de plus en plus. À la fois, l'un comme l'autre, ils ont par le passé déjà raté des opportunités d'affaires pour devenir des joueurs pancanadiens. En 2003, le Groupe Jean Coutu avait essayé d'acheter Shoppers Drug Mart. Cela n'avait pas marché. En 2013, Metro avait essayé d'avoir Safeway. Il avait perdu la transaction aux mains de Sobeys (5,8 milliards $). Être un joueur uniquement au Québec, actuellement, ce n'est pas la chose la plus souhaitable. Devant Walmart ou Amazon, avec dernièrement l'acquisition de Whole Foods, Metro et Jean Coutu sont de petits joueurs.
Q Est-ce que cette transaction est une bonne nouvelle pour les Québécois?
R Oui, c'est une bonne chose. Cela va permettre d'augmenter le pouvoir de négociation des entreprises avec leurs four­nisseurs. Cela leur permettra d'être plus concurrentiels sur un marché de plus en plus féroce. La concurrence sur les prix n'a jamais été aussi forte.
Q Pensez-vous que le Groupe Jean Coutu était la première option d'acquisition pour Metro?
R Probablement pas. Je pense que la société aurait préféré Safeway, mais pas au prix payé. Elle souhaite grossir et il y avait une opportunité. Est-ce que cela règle leur problème du fait d'être concentré au Québec, malheureusement pas. La compagnie ne peut pas miser juste sur la province. Metro doit prendre de la croissance. Le problème, c'est qu'elle n'avait pas nécessairement le choix des joueurs. Est-ce qu'il s'agit de la transaction dont Metro rêvait, je ne peux pas parler à leur place, mais selon moi, la réponse est non. Cela ne veut pas dire qu'ils ne revendront pas cette entreprise pour acheter une autre compagnie.