Minimo motivation ludique a raflé les honneurs il y a deux semaines en décrochant une bourse lors du concours de l’entreprise d’expédition FedEx. Dix entreprises canadiennes ont été primées sur les 2100 candidatures.

Minimo motivation ludique: quand la routine devient un jeu d’enfant

Minimo motivation ludique est née parce que Samuel, 3 ans, ne voulait pas prendre son bain.

Sa maman, Valérie Bouchard, s’est mise à chercher sur Internet des tableaux de motivation pour l’aider dans sa routine. Graphiste, elle ne les trouvait pas à son goût et elle s’est rendu compte que les parents «patentaient» leurs tableaux chacun de leur côté. Il n’y avait pas de solution clé en main. Il fallait le trouver, l’imprimer, aller le faire plastifier.

«C’est laborieux et on n’a pas le temps de faire ça aujourd’hui», illustre-t-elle. «Et le principe de fonctionnement non plus je trouvais que ça ne correspondait pas à ce que j’avais besoin pour faire une différence chez nous.»

Minimo motivation ludique vise à «fournir des outils aux parents pour aider à rendre les enfants autonomes et à les responsabiliser», explique sa créatrice, Valérie Bouchard. Les produits faits au Canada sont disponibles en ligne et dans une centaine de points de vente, dont les boutiques Charlotte et Charlie.

L’idée a fait son chemin. Mme Bouchard s’est dit que pour que les enfants embarquent, il fallait que ça soit interactif. Elle a pensé à des aimants.

Sur son tableau de routine quotidienne, on trouve six cases «à faire» sur une même ligne. On met les tâches dans l’ordre souhaité (je fais pipi, je lave mes mains, je mange, je me brosse les dents, je m’habille, je range mes jouets). Il y a aussi mettre son pyjama, prendre son bain, etc. Quand l’enfant a exécuté la tâche, il déplace l’aimant coloré dans la case correspondante de la ligne «c’est fait». Il voit ensuite par lui-même qu’elle est l’autre étape.

Arrêter de répéter

Le but est de «fournir des outils aux parents pour aider à rendre les enfants autonomes et à les responsabiliser». Pour en finir avec les éternelles répétitions qui épuisent bien des parents, puisque ça devient un jeu pour l’enfant.

La routine peut aussi devenir plus efficace puisque le jeune comprend rapidement ce qu’on attend de lui et dans quel ordre.

Mme Bouchard recommande d’ailleurs de ne pas laisser le tableau et les aimants accessibles en tout temps, mais seulement au moment de faire les tâches, pour maintenir l’intérêt des petits.

En septembre 2016, quand Mme Bouchard a lancé sa page Facebook, elle avait en main 100 exemplaires de son tableau de routine quotidienne, qui comprend 12 aimants. Elle pensait en avoir assez jusqu’en décembre. Tout était vendu au bout de deux semaines! Le petit projet s’est transformé en entreprise.

Depuis, d’autres produits se sont ajoutés, dont l’organisateur familial. On peut l’acheter seul ou avec l’ensemble d’aimants les «petits coups de pouce», soit des tâches ménagères que peuvent faire les jeunes (j’aide à préparer le repas, je débarrasse la table, je range ma chambre, etc.) Quelques paquets d’aimants supplémentaires sont maintenant disponibles, pour la routine scolaire par exemple. Et il y a le dernier né, un tableau de propreté pour motiver Junior à aller sur le petit pot.

Minimo a maintenant écoulé plus de 8000 ensembles de routine quotidienne (27,95 $), en ligne ou dans sa centaine de points de vente. Elle en a même un à l’île de la Réunion!

La chaîne Clément, qui vendait déjà ses produits dans quelques boutiques, vient d’ailleurs de confirmer la semaine dernière qu’ils seront maintenant en vente dans tous ses magasins. «C’est une belle marque de confiance», remarque Mme Bouchard.

Bourse

Minimo motivation ludique a de plus raflé les honneurs il y a deux semaines en décrochant une bourse lors du concours de l’entreprise d’expédition FedEx. Dix entreprises canadiennes ont été primées sur les 2100 candidatures.

Après un vote du public pour faire un premier tri, FedEx a ensuite sélectionné les entreprises gagnantes. Une «tape dans le dos», une reconnaissance, qui vaut encore plus que les 5000 $ obtenus, juge-t-elle.

Minimo vise maintenant à percer dans le reste du Canada. Ses outils, 100 % canadiens, sont tous traduits en anglais. L’entreprise reçoit des commandes d’un peu partout au pays, des États-Unis et de l’Europe, mais ce sont surtout des particuliers — et non des boutiques — qui achètent à l’extérieur du Québec. Elle part donc à la quête d’un distributeur pour le Canada. Les marchés américains et européens suivront éventuellement.

Minimo est avant tout une histoire de famille. Le conjoint de Mme Bouchard, Dominic, est le «ministre des finances et l’adjoint aux opérations». Il fait la comptabilité, gère les commandes et les inventaires. Les parents de Dominic, Hélène et Bernard, s’occupent quant à eux de l’assemblage. Danica, 3 ans, et Samuel, qui a maintenant 6 ans et demi, continuent d’inspirer et de motiver leurs parents. Ce dernier est même «expert en collage d’étiquettes», lit-on sur le site Web.

Pour Valérie Bouchard, ce métier de graphiste qu’elle a toujours aimé vient de prendre une toute nouvelle dimension.

«Quand tu commences à avoir des retours d’orthophonistes, d’éducatrices spécialisées, de mamans d’enfants qui t’écrivent pour te dire : “Ça a changé ma vie. Ça a changé la routine chez nous. Il y avait des crises, il n’y en a plus”. [...] Je capote.»

Elle ne fait plus que du beau, dit-elle, mais elle aide aussi les gens. Du design utile, quoi.