André Gaumond, président et chef de la direction de Mines Virginia

Mines Virginia investira 28 millions $ sur quatre ans à la Baie-James

Mines Virginia s'attaque à la plus grande ressource non développée en cuivre, en zinc et en argent du Québec située à la Baie-James. L'entreprise y injectera 28 millions $ sur quatre ans.
Le gisement, de grosseur «respectable», n'a pourtant pas encore atteint son format idéal. C'est pourquoi Mines Virginia investira 7 millions $ annuellement pour les quatre prochaines années sur les activités de forage du Projet Coulon.
Actuellement, 15 000 tonnes de ressources sont disponibles, mais André Gaumond, président et chef de la direction, aimerait voir ce chiffre grimper à 25 000, voire à 30 000 tonnes. «La seule manière de faire grossir des gisements présentement, c'est en faisant des forages.»
«Nous avons entre les mains l'équivalent de trois rochers Percé en ressource. J'aimerais en ajouter deux autres», illustre le président.
L'un des obstacles à l'augmentation du potentiel économique du Projet Coulon est les 1000 km qui séparent le gisement des fonderies québécoises. «Nous avons la chance d'avoir une industrie intégrée ici, il faut donc trouver les moyens de favoriser la pérennité de nos infrastructures», souligne M. Gaumond.
En plus d'injecter beaucoup plus d'argent en forage que par les années passées, l'ambition des Mines Virginia repose également sur la conjecture de l'augmentation des prix des métaux, du zinc plus particulièrement. «Selon les experts, les chances de voir un bon prix pour le zinc dans les mois et les années à venir sont très bonnes», explique M. Gaumont.
Éric Lemieux, analyste minier à la Banque Laurentienne, confirme la tendance. «Alors que le marché du zinc sera sensiblement saturé en 2014, nous nous attendons à un retour vers l'équilibre de la demande plus tard dans l'année, alors que les grandes mines commenceront à se détendre avant l'épuisement», peut-on lire dans une note d'action sur les métaux de base.
Comme il l'affirme également, ce serait l'épuisement des grandes mines australiennes qui pourrait jouer en faveur de Mines Virginia.
«Puisqu'en 2015 et en 2016, certaines mines australiennes [qui extraient du zinc] pourraient fermer, j'ai bon espoir pour les métaux de base», explique l'analyste. Selon lui, le Projet Coulon est bien positionné, car il coûtera toujours plus cher d'aller chercher les métaux comme le zinc et le cuivre, et les prix devraient suivre cette évolution. «Dans une perspective de trois à quatre ans, il y aura peut-être une hausse du prix», ajoute-t-il, tout en restant prudent.
«Le Projet Coulon, c'est la plus grande ressource non développée. En s'associant avec SODEMEX [une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec], la FTQ [Fonds de solidarité des travailleurs du Québec] et SIDEX [Société d'investissement dans la diversification de l'exploration], on accélère grandement le processus», soutient-il.
Virginia, qui concentre ses activités sur l'ensemble du territoire québécois, considère que la province en entier bénéficie de l'exploitation d'une nouvelle mine. «Ça représente 20 % de nos exportations. C'est de la création de richesse à partir de rien, et les retombées touchent aussi bien les Premières Nations, les étudiants que les travailleurs», conclut André Gaumond.
Lundi, l'action de Mines Virginia (TSX : VGQ) a clôturé à 13,88 $, en hausse de 0,23 $.