Actuellement, les plus importants producteurs de terres rares se trouvent en Chine.

Minéraux rares Quest: l'usine pilote sera mise en place en partie à Québec

C'est en bonne partie à Québec que sera mise en place pour une période de 15 à 18 mois l'usine pilote de Minéraux rares Quest, qui vient tout juste de recevoir une subvention de 5 millions $ de Technologies du développement durable Canada. L'entreprise prévoit exploiter les terres rares dans les gisements qu'elle possède à Strange Lake, au Nunavik, près de la frontière entre le Québec et le Labrador, et lancer une usine de 350 millions $ à Bécancour.
«L'usine pilote sera située en bonne partie à Québec, au Consortium de recherche appliquée en traitement et transformation des substances minérales (COREM), à la société ontarienne SGS Canada et chez des équipementiers européens», a expliqué mercredi au Soleil Pierre Lortie, président exécutif du conseil de Quest.
Utilisant une centaine de tonnes de minerai de Strange Lake, l'usine pilote permettra à Quest de déterminer les paramètres de l'usine qu'elle prévoit bâtir à Bécancour et qui servira à séparer les terres rares de leur matrice de granite afin de produire de l'oxyde de métaux d'une pureté de 97 % à 98 %. Ces résultats auront également un impact sur la recherche de financement de l'entreprise.
Phosphates
Le procédé de Quest intégrera aussi les terres rares contenues dans le phosphate des lampes fluorescentes, un procédé qu'on dit unique en Amérique et qui contribuera à régler un problème environnemental dans les sites d'enfouissement. Ces terres rares seront mélangées aux métaux extraits à Strange Lake.
«Une fois que les essais de l'usine pilote seront complétés, nous irons de l'avant avec l'usine à Bécancour et le développement d'une mine à ciel ouvert à Strange Lake. Éventuellement, une deuxième phase amènera la construction d'une autre usine qui servirait à séparer les terres rares en éléments uniques», poursuit M. Lortie.
Quest a déjà entamé le processus de demande de permis au ministère de l'Environnement pour le développement d'une mine à Strange Lake, un processus qui devrait se conclure en même temps que la fin des essais de l'usine pilote. «Nous sommes conscients des défis qui attendent une mine dans le Grand Nord, notamment au niveau du climat et de la main-d'oeuvre», indique Pierre Lortie.
Prix et utilisation
Le prix des terres rares varie beaucoup en vertu de leur rareté. Par exemple, le lanthane se vend 8 $ le kilo alors que le dysprosium se négocie autour de 300 $ le kilo. Ces métaux sont entre autres utilisés dans les aimants à très haute performance et pour la fabrication d'écrans et de diodes électroluminescentes. Actuellement, les plus importants producteurs de terres rares se trouvent en Chine.
«Ce qui est intéressant pour nous, c'est que nous avons en haute proportion dans nos gisements les éléments qui sont en forte demande ou en pénurie, par exemple le néodyme et le dysprosium», souligne Pierre Lortie en terminant.