Le principal usage du graphite est dans l'industrie de l'acier. On en retrouve également dans les batteries lithium-ion, les garnitures de frein, les contacts électriques, entre autres choses.

Mine de graphite à Pessamit: «le projet d'une génération»

La compagnie Mason Graphite a dévoilé mercredi, dans la communauté innue de Pessamit, sur la Côte-Nord, son intention de mettre en chantier dès 2015 une mine de graphite de qualité exceptionnelle à 300 kilomètres au nord de Baie-Comeau. Les Innus de Pessamit sont engagés à fond dans ce projet, évalué pour l'instant à 90 millions $.
Outre la mine à ciel ouvert au lac Guéret, au sud-ouest du réservoir de Manic-5, le projet comprend la construction d'un concentrateur, de bâtiments d'entretien, de bureaux et d'installations réservées au personnel. La mine, d'une capacité annuelle prévue de 50 000 tonnes par année, devrait procurer de l'emploi à 80 personnes, la moitié étant réservée aux autochtones. L'endroit où se trouve la mine est inclus dans le Nitassinan, le territoire traditionnel des Innus de Pessamit.
Mason Graphite doit toutefois encore compléter des études sur la faisabilité et l'évaluation environnementale avant de donner le feu vert définitif, a indiqué le président et chef de la direction de l'entreprise, Benoît Gascon, qui parle d'un gisement unique dans le monde, d'une teneur de 27,4 % et d'une pureté au sommet de l'échelle de gradation.
Cette grande pureté permet d'ailleurs à Mason Graphite d'envisager une exploitation à dimensions restreintes pour «ce projet d'une génération», pour reprendre les mots du chef de Pessamit, René Simon. La compagnie prévoit, sur une période de 22 ans, extraire moins de 10 % de la capacité totale de la mine, estimée à 50 millions de tonnes de graphite.
Le principal usage de ce minerai est dans l'industrie de l'acier. On en retrouve également dans les batteries lithium-ion, les garnitures de frein, les contacts électriques, entre autres choses.
L'entente de principe signée mercredi entre les deux parties doit conduire à une autre entente, dite sur les répercussions et avantages, en vertu de laquelle Pessamit aura droit à des emplois, des contrats et des bénéfices financiers. «L'engagement que nous prenons est un important jalon vers un dialogue que nous souhaitons régional sur le projet. Je crois fermement que l'approche de collaboration avec la nation innue de Pessamit constituera une base solide sur laquelle bâtir l'avenir», a conclu M. Gascon.
Cet avenir passe notamment par la formation. Ainsi, l'entente prévoit que les Innus auront droit à une formation afin d'avoir accès à ces emplois de qualité, bien rémunérés. «Il est donc ici question de chances et d'opportunités égales avec les autres travailleurs de la région, de rattrapage économique et de justice sociale», a lancé le chef Simon.
Les édiles de Baie-Comeau et Forestville, à environ 50 kilomètres de part et d'autre de Pessamit, se réjouissent évidemment de cette venue, qui devrait stimuler l'économie de la région. Benoît Gascon a aussi souligné que le concentrateur ne sera pas obligatoirement situé à côté de la mine, ce qui peut ouvrir la porte à certains espoirs.
<p>Le président et chef de la direction de Mason Graphite, Benoît Gascon, et le chef de Pessamit, René Simon, ont signé un protocole de coopération prévoyant l'exploitation d'une mine de graphite sur le territoire ancestral de la communauté innue. </p>
Les Premières Nations se réjouissent
Demandant depuis toujours d'être traitées d'égal à égal, les Premières Nations du Québec ne peuvent que se réjouir de l'entente signée hier entre le Conseil des Innus de Pessamit et Mason Graphite. En plus d'être bonne financièrement pour la communauté, l'entente aura peu d'impacts environnementaux sur le Nitassinan de Pessamit et servira d'outil d'affirmation.
«Cette approche qu'a utilisée Mason Graphite, est le présage des relations à venir entre Pessamit et tout autre intervenant, privé ou public, désirant investir dans le Nitassinan de notre Première Nation», a déclaré René Simon. «Ils trouveront chez nous un gouvernement autochtone attentif à leurs besoins et leurs demandes, mais déterminé à défendre les intérêts de sa population et à assurer l'avenir de ses jeunes.»
«Nous n'avons plus l'intention d'occuper une place de spectateur dans le développement de notre Nitassinan, mais bien une place d'acteur et d'intervenant majeur», a ajouté le chef, qui croit que l'entente avec Mason «peut servir de modèle pour les autres compagnies.»
Quant à l'environnement, le chef Simon a estimé que ce projet de 90 millions $ aura peu d'impact sur l'équilibre écologique du territoire. Le graphite n'est ni polluant, ni toxique, se transporte par camion et son procédé de concentration ne requiert pas de produits chimiques. De plus, la propriété du lac Guéret se trouve tout près d'une route existante, la roue 389, qui relie Baie-Comeau au Labrador.