Pas moins de 150 entreprises de Sept-Îles ont fermé boutique, vendredi, pour permettre à leurs employés d'aller manifester en faveur de la Mine Arnaud.

Mine Arnaud: deux Septiliens sur trois sont d'accord, selon un sondage

Le controversé projet d'exploitation d'une mine d'apatite à Sept-Îles gagne des appuis. Selon un récent sondage CROP, les deux tiers (65 %) des Septiliens sondés se disent favorables au projet de Mine Arnaud.
Réalisé pour le compte d'Investissement Québec, propriétaire à 61,7 % de Mine Arnaud, le sondage révèle que le projet de 850 millions $ obtient en forte majorité la faveur de la population pour la création d'emplois (78 %) qui en découlera. Ceux qui s'opposent expliquent leur choix en raison des impacts environnementaux (66 %) liés à la mise en service d'une mine à ciel ouvert, à l'entrée ouest de la ville de Sept-Îles.
Le sondage téléphonique effectué auprès de 400 Septiliens, du 29 octobre au 5 novembre, a aussi permis d'apprendre que près de la moitié des citoyens (43 %) souhaitent obtenir davantage d'informations sur le projet minier, notamment sur les impacts sur la qualité de l'air (20 %) et sur la santé (10 %). Cependant, 54 % des gens sondés n'expriment pas le besoin d'être plus informés.
«On a travaillé fort pour améliorer ce projet-là et effectivement c'est une bonne nouvelle de voir que de plus en plus de gens sont en faveur», a fait savoir la porte-parole de la société, Kateri C. Jourdain. Pour Mine Arnaud, l'exercice permet de prendre «le pouls» de la population et lui «donne des pistes» pour la suite. «On va voir par quels moyens, quels outils de communication, on peut continuer d'informer la population.»
Au chapitre environnemental, 65 % sont d'avis qu'il est probable que Mine Arnaud engendre des impacts sur l'environnement. L'émission de poussière (55 %) et le risque de déversement d'apatite dans l'eau ou la terre (32 %) sont les impacts les plus plausibles, selon les répondants. À cette préoccupation, Mine Arnaud rappelle qu'elle prévoit mettre en place un programme de mesures de la qualité de l'air en continu, prévoyant entre autres l'installation d'une station d'échantillonnage sur son site minier.
Le projet Mine Arnaud est à l'étude au ministère de l'Environnement depuis que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a conclu en février que le projet minier n'était «pas acceptable» dans sa forme actuelle. Le promoteur a terminé une série d'études complémentaires depuis, qui ont été soumises aux ministères concernés.
Le précédent sondage mettant les pour et les contre presque au nez à nez avait été effectué par la firme Léger, pour le compte de la coalition Québec meilleure mine, pendant les travaux du BAPE, en septembre 2013. La marge d'erreur du sondage CROP pour le compte d'Investissement Québec est de 4,9 %, 19 fois sur 20.
Québec pressé de se «mettre en mode urgence»
Au lendemain de la décision de Cliffs Natural Resources de mettre fin aux activités de la mine du lac Bloom sur la Côte-Nord, le Conseil régional de la FTQ et le Syndicat des Métallos pressent Québec de se «mettre en mode urgence» dans le dossier de Mine Arnaud, un projet porteur de 330 emplois permanents.
«La baisse des cours du fer fait mal à notre économie, c'est le temps d'offrir d'autres débouchés d'emploi et de développement économique, a martelé le coordonnateur régional des Métallos, Dominic Lemieux. C'est le temps d'accélérer les choses à Québec», a-t-il ajouté, rappelant les coups durs encaissés par les travailleurs miniers depuis que le marché du fer s'écroule.
Les syndicats réclament néanmoins que le projet se réalise dans le respect de l'environnement et des communautés. Le milieu économique abonde dans le même sens depuis déjà un bon bout de temps, assurant que Sept-Îles doit diversifier son économie, qui dépend trop de la santé du fer. Une campagne d'appuis au projet Mine Arnaud a également été lancée par la Chambre de commerce de Sept-Îles.