Microsoft s'engage à être «carbonégatif» d'ici 2030

Microsoft s'engage à devenir 100 % «carbonenégative» d'ici 2030 en éliminant plus de carbone de l'environnement qu'elle n'en émet.

Le chef de la direction, Satya Nadella, a affirmé jeudi que l'engagement se réaliserait «non seulement pour nos émissions directes, mais également pour l'ensemble de notre chaîne d'approvisionnement».

C'est une avancée majeure par rapport aux précédents engagements verts de Microsoft. Le géant technologique avait précédemment indiqué que ses centres de données seraient alimentés à 60 % en électricité renouvelable d'ici la fin de l'année dernière. Des groupes environnementaux ont cependant souligné qu'il n'avait pas réussi à rivaliser avec des concurrents tels que Google et Apple, en s'appuyant trop sur l'achat de crédits d'énergie renouvelable pour compenser ses émissions de carbone.

«Microsoft est vraiment au milieu du peloton», a observé Elizabeth Jardim, responsable de campagne pour Greenpeace USA. «Pas un étudiant avec des 'A', mais manifestement pas un étudiant qui ne fait rien.»

Mme Jardim a estimé que l'annonce de jeudi témoignait d'une approche «plus sérieuse et holistique» et que Microsoft «comprenait la science du climat et le rétrécissement de la fenêtre d'action».

Microsoft s'était précédemment donné comme objectif intermédiaire d'utiliser 70 % d'énergie renouvelable d'ici 2023. Il vise maintenant 100 % d'énergie renouvelable pour tous ses centres de données et bâtiments d'ici 2025. Google et Apple ont déjà indiqué avoir atteint le cap des 100 %.

L'annonce de Microsoft a été programmée avant le rassemblement de la semaine prochaine au Forum économique mondial de Davos. Les tendances catastrophiques comme le réchauffement climatique et l'extinction des espèces animales devraient être au coeur de la conférence.

«La neutralité ne suffit pas»

Microsoft est responsable d'environ 16 millions de tonnes métriques d'émissions par an, a indiqué son président et directeur juridique, Brad Smith. Cette estimation comprend non seulement la consommation d'énergie du réseau mondial de centres de données de Microsoft, mais aussi les émissions liées à la fabrication de composants électroniques pour ses appareils et aux gens qui branchent leurs consoles de jeu Xbox à la maison.

«En matière de carbone, la neutralité ne suffit pas», a fait valoir M. Smith. «Nous devons nous mettre au zéro net.» Cela signifie éliminer de l'atmosphère tout le carbone que l'on émet, a-t-il précisé.

L'engagement d'inclure les émissions de la chaîne d'approvisionnement fait suite à une décision similaire d'Apple. Microsoft affirme qu'il mettra en place de nouvelles procédures l'année prochaine pour pousser ses fournisseurs à réduire leur empreinte environnementale, de la même manière qu'il a demandé à certains d'entre eux d'offrir à leurs employés des congés payés et des congés parentaux.

Microsoft élargit également la portée d'une redevance perçue depuis 2012 pour facturer ses propres divisions pour chaque tonne de carbone qu'elles émettent.

Après avoir atteint son objectif 2030, Microsoft entend supprimer d'ici 2050 toutes ses émissions dans l'environnement depuis la création de l'entreprise en 1975.

Mais Mme Jardim a estimé que Microsoft minait ses objectifs climatiques en étant la principale société technologique impliquée dans les partenariats avec des sociétés pétrolières et gazières, notamment en leur fournissant des services d'infonuagique et d'intelligence artificielle pour les aider à accélérer l'extraction de combustibles fossiles.

Microsoft a également annoncé le lancement d'un fonds de 1 milliard $ US pour mettre au point une technologie de réduction et d'élimination du carbone.