Jean Laflamme (à gauche), président et chef de la direction de Meubles South Shore, est à la tête de l'entreprise qui célèbre cette année son 70e anniversaire.

Meubles South Shore: survivre à une tempête parfaite

La tempête parfaite. Meubles South Shore - le fabricant de meubles de Sainte-Croix jadis connu sous le nom Les Industries de la Rive-Sud - la voyait se dessiner à l'horizon. Tous les jours depuis qu'elle déferle sur les entreprises manufacturiè­res nord-américaines, Meubles South Shore brave cette satanée tempête parfaite en déployant une stratégie qui lui permet non seulement de garder la tête hors de l'eau, mais aussi de prospérer dans la mesure du possible.
N'empêche que l'entreprise a perdu des morceaux durant l'orage. L'une de ses trois usines, celle de Laurierville, a dû fermer ses portes en 2007, provoquant la mise à pied de 120 travailleurs. «L'une des décisions les plus difficiles de ma carrière», confie Jean Laflamme, président et chef de la direction de Meubles South Shore.
Ce dernier représente la troisième génération de la famille Laflamme à la tête de l'entreprise qui célèbre cette année son 70e anniversaire. Son grand-père Eugène a fondé la compagnie; son père Guy en a pris les guides en 1970 et lui, Jean, mène la barque depuis 1999.
Dans ses usines de Sainte-Croix et de Coaticook, Meubles South Shore - qui compte 650 employés - fabrique des meubles assemblés et prêts à assembler faits de panneaux d'aggloméré de fibre de bois. Il propose aux consommateurs des meubles de chambre à coucher pour les adultes et les jeunes et des meubles audio-vidéo qui sont vendus au Canada, aux États-Unis et à quelques endroits au Mexique par des détaillants comme Tanguay, Meubles Léon ou Brault & Martineau ou encore via les sites Internet walmart.com, amazon.com ou target.com.
Pour desservir le marché mexicain et celui du sud des États-Unis, Meubles South Shore fait fabriquer ses meubles par un partenaire mexicain. Une façon de réduire les coûts de transport.
Les bouleversements
Jean Laflamme compare les bouleversements survenus dans l'industrie canadienne du meuble au cours des dernières années à ce que les marins appellent la tempête parfaite. La crise du pétrole, la parité du huard, la concurrence chinoise et la récession américaine, tous ces éléments se sont mis de la partie pour provoquer une collision sans précédent. Alors que des entreprises ont coulé à pic - qu'il suffise de penser à Baronet ou à Meubles Laurier -, Meubles South Shore continue de garder le cap contre vents et marées. Avec Artopex, Canadel, Bermex et Dutailier, il demeure l'un des plus importants manufacturiers de meubles au Québec.
«Nous avons choisi de bâtir sur les faiblesses des Chinois», explique Jean Laflamme en rappelant que son entreprise se battait dans la même arène que les Chinois : celle du meuble abordable d'entrée de gamme. L'entreprise mise donc sur le service après-vente, la qualité et la disponibilité des produits pour se démarquer. En plus, elle offre aux consommateurs une garantie de cinq ans sur toutes les composantes de ses meubles contre les défauts de fabrication et un service de support téléphonique, sept jours sur sept, pour l'assemblage de ses produits.
«C'est vrai, les marchands obtiennent des prix intéressants de la Chine, mais ils doivent acheter en grande quantité. S'ils parviennent à vendre tous les meubles, ils sont bien souvent incapables de s'approvisionner à nouveau. Et, au contrai­re, s'ils n'arrivent pas à tout liquider, ils sont pris avec la marchandise.»
De l'avis de M. Laflamme, de plus en plus de marchands nord-américains accordent une valeur à «brasser» des affaires avec un fournisseur local qui est capable de lui donner rapidement «ce qu'il a besoin quand il en a besoin et qui, en plus, s'occupera du consommateur».
Nouveaux marchés
Selon le président et chef de la direction, la conjoncture économique n'empêchera pas Meubles South Shore de poursuivre le développement de nouveaux marchés en Amérique du Nord. Des acquisitions à l'extérieur du pays pourraient survenir. «Vous savez, il y a beaucoup d'usines à vendre par les temps qui courent. Il faudra cependant trouver un fit qui correspondra à notre philosophie d'entreprise.»