En forte saison, Métal Sartigan, de Saint-Georges-de-Beauce, fait travailler entre 70 et 80 personnes.

Métal Sartigan offre des rabais pour garder son usine ouverte... et ses employés

«L'hiver, c'est bien simple, on chauffait la poussière dans l'usine et on perdait de bons employés.»
À l'autre bout de fil, Robert Blanchet. Il est directeur du développement des affaires chez Métal Sartigan, un fabricant de structures d'acier de Saint-Georges, en Beauce, qui a érigé plus d'un millier de bâtiments industriels au Québec, en Ontario et dans les provinces maritimes depuis plus d'un quart de siècle.
Le communiqué publié par l'entreprise pique la curiosité.
Métal Sartigan annonce qu'elle offre un rabais de 20 % à l'achat d'un système de bâtiment d'acier industriel. «Pour stimuler l'économie cet hiver», fait-elle valoir. L'offre est valide jusqu'au 28 février, et le système de bâtiment doit être livré avant le 30 avril.
«Vous savez, monsieur le journaliste, ce qui se passe dans l'industrie de la construction l'hiver au Québec? Rien», explique notre interlocuteur. 
«Ça coûte une fortune pour excaver un sol gelé et pour couler les fondations. Les délais sont nombreux en raison du temps froid et la facture grimpe chaque fois qu'une tempête de neige nous tombe sur la tête, car il faut déneiger. Les industriels préfèrent donc passer leur commande en mars ou en avril pour une exécution des travaux en juin.»
Garder l'usine ouverte
Pour une entreprise comme Métal Sartigan, l'arrivée de l'hiver signifie la fermeture de l'usine et la mise à pied de salariés.
En forte saison, Métal Sartigan fait travailler entre 70 et 80 personnes. 
À l'hiver, ce nombre dégringole à 30. Il ne reste plus que du personnel du bureau. Les soudeurs, les monteurs d'acier, les grutiers, les charpentiers menuisiers, entre autres, sont renvoyés à la maison.
S'il fut un temps où le retour des travailleurs mis à pied se faisait pratiquement automatiquement, ce n'est plus le cas avec la rareté de main-d'oeuvre, notamment avec la pénurie de travailleurs qualifiés.
«Ces travailleurs qualifiés, notamment dans la région de la Chaudière-Appalaches et plus particulièrement dans la Beauce, on se les arrache carrément», signale le directeur du développement des affaires.
Ainsi, un soudeur mis à pied ne restera pas sur le carreau bien longtemps. Quelqu'un quelque part lui offrira un poste sur un plateau d'argent. 
«Lorsqu'arrive le printemps, il faut alors recruter et former de nouveaux travailleurs et se croiser les doigts pour qu'ils restent avec nous longtemps.» Une sorte d'éternel recommen­ce­ment.
«L'idée derrière notre initiative est de garder l'usine ouverte et de fournir de l'ouvrage à nos employés en dépit du ralentissement hivernal qui frappe l'industrie de la construction», résume Robert Blanchet.
Sortir des sentiers battus
Sa «promotion hivernale», Métal Sartigan la propose depuis maintenant trois ans. À l'origine, elle l'offrait à quelques clients bien ciblés. L'an dernier, par exemple, le fabricant de bâtiment d'acier a décroché suffisamment de contrats durant la froide saison pour faire travailler une quinzaine de travailleurs d'usine.
Cette année, l'entreprise familiale fondée en 1989 par Raphaël Couture et dirigée aujourd'hui par ses trois fistons Stéphane, Christian et Pascal a décidé de sortir tambour et trompette pour annoncer son rabais de 20 %. 
«Nous espérons, ainsi, être en mesure de garder entre 15 et 20 employés et même plus», souligne M. Blanchet au Soleil.
Pour éviter de voir partir leurs meilleurs éléments à l'occasion des périodes creuses, les entreprises n'ont pas le choix de sortir des sentiers battus et de proposer des mesures de rétention. 
Certaines vont choisir de profiter de l'accalmie pour former leurs ressources humaines, d'autres opteront pour la réalisation de projets de recherche et développement.