Adam H. Schechter, de Merck Global, a annoncé un engagement financier de 15 millions $ sur trois ans dans la création de l'Oncopole, un pôle de recherche, de développement et d'investissement pour accélérer la lutte contre le cancer, à l'Université de Montréal. 

Merck se tourne vers l'innovation plutôt que la marijuana

La multinationale pharmaceutique Merck n'a pas l'intention de réaliser des acquisitions dans le domaine de la marijuana thérapeutique et souhaite plutôt continuer de miser sur le développement de nouveaux produits.
Adam H. Schechter, président de la division mondiale des produits pour la santé humaine de Merck Global, l'a affirmé mercredi, en entrevue avec Le Soleil, en marge de l'annonce d'un engagement financier de 15 millions $ sur trois ans dans la création de l'Oncopole, un pôle de recherche, de développement et d'investissement pour accélérer la lutte contre le cancer, à l'Université de Montréal.
«Peu importe ce qui se passe à certains endroits en matière de légalisation, nous ne sommes pas intéressés à réaliser des acquisitions dans ce domaine. Nous préférons continuer à développer de nouveaux produits innovants plutôt que d'aller dans cette direction», a affirmé M. Shechter, pour répondre aux analystes qui prêtent depuis quelques mois à l'entreprise et à d'autres grosses pointures de l'industrie pharmaceutique l'intention d'acquérir des joueurs du domaine de la marijuana thérapeutique.
Rappelant que les cas de cancer étaient à la hausse, une hausse qui devrait se poursuivre dans les années à venir, M. Shechter a aussi ajouté qu'il y avait tout de même des raisons d'être optimiste pour l'avenir, mais que des changements importants allaient être nécessaires.
«C'est un jour nouveau pour la recherche contre le cancer. Il y a de nouveaux médicaments qui agissent sur le système immunitaire, mais ces médicaments n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements. Il faudra encore beaucoup de travail, notamment beaucoup de recherche clinique, pour bien comprendre la portée de toutes ces avancées», a-t-il expliqué.
Lucratif Gardasil
M. Shechter a également parlé du vaccin Gardasil contre le virus du papillome humain (VPH) et de sa version nouvelle et plus dispendieuse, le Gardasil 9, qui a propulsé les résultats de la multinationale au dernier trimestre en amenant 542 millions $ de la croissance de 700 millions $ de Merck.
«Avec Gardasil et Gardasil 9, nous détenons 99 % du marché des États-Unis et 75 % du marché mondial. Le nouveau vaccin est encore meilleur car il peut prévenir 90 % des cas de cancer du col de l'utérus. La prévention est l'un des meilleurs moyens de lutter contre le cancer», a affirmé le président de la division mondiale des produits pour la santé humaine de Merck Global.
M. Shechter n'a toutefois pas voulu se prononcer concernant la recommandation du Centre pour le contrôle des maladies et la prévention des États-Unis, qui vient tout juste de recommander que les adolescents de moins de 15 ans ne reçoivent que deux doses plutôt que la traditionnelle prescription de trois doses du fameux vaccin. Cette recommandation pourrait bien sûr nuire à la croissance de l'entreprise.
«Nous ne nous mêlerons pas de cela. Ce sont les pays et les juridictions qui ont à décider ce qui est le mieux, ce qui est bon pour les patients, pour le pays. Ce sont des décisions de santé publique qui doivent être prises par eux et non par nous», a-t-il résumé.