Le président de BSIET, Thomas Yang (second à gauche) et le président-directeur général de NSGI Steel, Enrico Di Cesare (à sa droite), sont entourés du maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, du préfet de la MRC de Manicouagan, et encadrés par les autres partenaires de Baie-Comeau Minerals Partnership.

Méga-projet de 800 M $ à Baie-Comeau

BAIE-COMEAU – Un groupe d’investisseurs québécois et étrangers a dévoilé jeudi à Baie-Comeau un méga-projet de 800 millions $ visant, à terme, à exploiter un gisement de fer et d’ilménite au nord de Baie-Comeau et à construire une aciérie dans la zone industrialo-portuaire. Le gratin économique de la Manicouagan était évidemment sur place, jeudi après-midi, pour cette annonce, qui pourrait créer 300 emplois s’il se concrétise.

L’ensemble des partenaires dans ce projet a signé l’entente de principe créant la société de développement de projets Baie-Comeau Minerals Partnership.

Parmi les grands joueurs du groupe, on retrouve la société d’ingénierie chinoise Beijing Shoughang International Engineering Technology Company (BSIET) et la firme qui s’assurera de l’exploitation du site, North Shore Green Iron (NSGI Steel).

Comme l’a bien précisé le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, on n’en est pas encore à la pelletée de terre officielle, «mais on a une entente de principe solide et avancée».

Les promoteurs prévoient mettre leur méga-projet sur les rails d’ici deux à trois ans.

La mine, nommée pour l’instant projet minier Nathalie, se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord de l’éventuelle aciérie, qui serait localisée dans le parc industriel régional Jean-Noël-Tessier.

La production serait expédiée à partir de port de Baie-Comeau, à quelques kilomètres de là.

La mine se trouve sur le territoire ancestral des Innus de Pessamit, qui ont donné leur accord au projet.

«On a évalué plusieurs sites et ce n’est pas par hasard qu’on a choisi Baie-Comeau. C’est la possibilité de synergie qui nous a attirés ici», a fait valoir le président-directeur général de NSGI Steel, Enrico Di Cesare.

«On vise 300 000 tonnes d’ilménite (pour l’industrie de la peinture, principalement) et un million de tonnes d’acier», a-t-il ajouté.

Autant BSIET que NSGI Steel disent posséder des technologies performantes et plus vertes que la compétition dans la production d’acier. Si le projet se rend à terme, autour de 300 emplois directs pourraient être créés.

Outre un procédé plus vert, M. Di Cesare dit aussi étudier la possibilité de trouver un moyen de transport moins polluant et invasif que le rail ou la route pour transporter le minerai de la mine à l’usine, sans en dévoiler plus sur ce moyen. «On veut faire un exemple avec ce projet», a-t-il souligné.

NSGI Steel cherchera aussi à réduire «de 20 à 30 % «ses émissions de dioxyde de carbone dans ses opérations».

Quant à l’acier brut qui serait produit à Baie-Comeau, «il pourra facilement être refondu ailleurs», d’ajouter M. Di Cesare.

Parmi les autres facteurs qui ont fait pencher la balance du côté de Baie-Comeau, on retrouve le fait que la municipalité est propriétaire de son réseau de distribution électrique, un argument que le maire Montigny utilise abondamment quand vient le temps d’approcher de possibles investisseurs.