Marc Bertrand, PDG de MEGA Brands.

Mega Brands: retour aux sources pour le géant du jouet

Contrairement à la tendance, qui veut que les entreprises du Québec quittent la province pour une question de productivité, le fabricant de jouets Mega Brands a plutôt choisi de miser sur un retour aux sources afin d'augmenter sa rentabilité.
L'entreprise québécoise, dont le siège social est situé à Montréal, a vu ses ventes atteindre 420 millions $ - 7 % au Québec, 62 % aux États-Unis et 30 % ailleurs dans le monde (Angleterre, France, Australie) - grâce en partie à un pari de modernisation qui s'est avéré très payant. Résultat, son usine du Québec, qui compte 700 employés, a plus que triplé son portefeuille entre 2008 et 2012, passant de 70 millions $ à 230 millions $.
Frappé par la crise financière de 2008, Mega Brands, comme plusieurs entreprises, a été forcée de revoir son plan d'affaires afin de demeurer compétitive.
Dès lors, elle décida de diminuer sa production en Chine avec la mise à pied de 6000 travailleurs - fermeture de son usine pour se tourner vers des sous-traitants - et miser davantage sur son usine de Montréal où elle a investi 35 millions $ entre 2011 et 2013 afin d'augmenter sa productivité et d'améliorer la qualité de ses produits.
«Le produit qui provenait de la Chine était moins payant en raison notamment du transport», a souligné Jean-François Albert, vice-président fabrication chez Mega Brands, dans le cadre de l'évènement Alliance monde polymères 2014 au Centre de congrès et d'expositions de Lévis. «Il y a eu aussi une perte de la crédibilité de la production de la Chine, à la suite du décès d'un enfant, et, en même temps, une augmentation des coûts avec l'apparition de nouvelles lois en 2008. En 2004, cela coûtait 30 ¢ de l'heure pour un ouvrier en Chine, cinq ans plus tard, cela coûte presque 2 $. Avec une augmentation de 15 à 30 % année sur année on ne peut plus arriver.»
Afin d'arriver à ses fins, l'entreprise a innové et développé des technologies, et ce, sans couper de poste, assure M. Albert. L'homme a bien été remplacé par la machine dans certains cas, mais «nous avons quand même créé des emplois». Le nombre d'emplois est resté le même pour l'usine de Montréal, seulement avec des tâches différentes.
«Le modèle que nous avons mis en place avec l'automatisation et la technologie nous amène à des coûts de production beaucoup moins chers que la Chine. Et nous avons une meilleure rapidité d'exécution», conclut M. Albert.
Fondée en 1967, Mega Brands compte 1400 employés à travers le monde et espère produire 70 % de sa marchandise au Canada et aux États-Unis d'ici 2018. En 2013, 56 % de la production de Mega Brands était à Montréal.