La société Mazarin croit enfin avoir trouvé une façon d’utiliser les grandes quantités de résidus d’amiante situés sur ses terrains. En vertu d’une entente de partenariat avec la firme KSM inc., la minière a l’intention d’en extraire des métaux pour les utiliser dans la fabrication de fertilisants.

Mazarin veut utiliser les résidus d’amiante pour faire des fertilisants

La société Mazarin croit enfin avoir trouvé une façon d’utiliser les grandes quantités de résidus d’amiante situés sur ses terrains. En vertu d’une entente de partenariat avec la firme KSM inc., la minière a l’intention d’en extraire des métaux pour les utiliser dans la fabrication de fertilisants.

Mazarin et sa filiale Société Asbestos Limitée ne produisent plus d’amiante chrysotile depuis 2008, mais plus de 400 millions de tonnes de résidus provenant de près de 135 ans d’exploitation forment toujours de gigantesques montagnes grises dans le paysage de la région de Thetford Mines.

«Ça fait des décennies que les compagnies minières cherchent des débouchés pour ces résidus. Il y a eu une tentative à Asbestos avec l’usine de magnésium Magnola, qui a été lancée en 2000 et a fermé en 2003, et nous avons participé à la tentative de projet d’extraction de nickel des résidus à Thetford Mines avec l’entreprise Nichromet. Mais pour que ça fonctionne, il faut trouver la bonne technologie et la bonne application commerciale», explique au Soleil John LeBoutillier, président de Mazarin.

L’entente avec KSM, une jeune entreprise née de l’initiative d’anciens de Nichromet, constitue donc le plus récent essai en vue de valoriser ces résidus riches en minéraux. En échange d’une participation de Mazarin au capital-actions de KSM, celle-ci aura accès aux résidus pour en extraire certains métaux, dont le magnésium.

L’entreprise prévoit ensuite utiliser ces métaux avec d’autres intrants ne provenant pas des résidus miniers, notamment la potasse à faible coût et l’acide sulfurique, pour produire des fertilisants à haute valeur ajoutée grâce à une nouvelle technologie acquise de Dundee Technologies Durables, une autre compagnie née des cendres de Nichromet.

«Nous nous réjouissons du fait que KSM s’est fait octroyer une subvention du gouvernement du Québec de l’ordre de 125 000 $ dans le cadre d’une ronde de financement de 250 000 $», affirme M. LeBoutillier, ajoutant que ce financement permettra à KSM de produire une certaine quantité de fertilisants à l’échelle pilote et d’en faire des essais en serre et en champs. 

«Des résidus de chrysotile, il y a toutes sortes de choses qu’on peut faire avec ça et on souhaite que ce projet constitue un déblocage pour la valorisation. Ça nous paraît un risque raisonnable étant donné que Dundee a investi beaucoup d’argent dans ce procédé», conclut le président de Mazarin.