Maxime Bernier

Maxime Bernier ignorait l'existence des sites de réservations en ligne, dénonce le NPD

La députée néo-démocrate de Québec dénonce l'inaction de Maxime Bernier dans le dossier des sites Internet d'hébergement en ligne, un phénomène qui commence à agacer sérieusement les hôteliers de la région.
Annick Papillon souligne de surcroît que le député de Beauce et ministre d'État chargé du Tourisme n'avait aucune idée de ce qu'était Expedia ou Booking.com lorsque des représentants de l'industrie lui ont présenté leurs doléances à leur sujet.
«Le ministre est tout simplement incompétent!» tranche Mme Papillon, qui dit avoir été estomaquée d'apprendre que Maxime Bernier n'avait jamais entendu parler des sites de réservation en ligne qui se multiplient depuis quelques années sur Internet.
Des propriétaires d'établissements mécontents se sont rendus en Beauce il y a près d'un an pour discuter avec le ministre de leurs préoccupations et lui demander d'agir. Les hôteliers déplorent notamment qu'Expedia et Booking.com achètent les mots-clés qui identifient leurs clients sur la Toile pour mieux se positionner qu'eux dans les moteurs de recherche. De plus, ces multinationales qui ont leur siège à l'extérieur du pays empochent des commissions jugées excessives, allant de 15 à 30 %.
Or, Maxime Bernier ignorait tout du dossier, en commençant par l'existence des fameux sites de réservation, rapporte la députée de Québec. Cette information a également été transmise au Soleil. Le groupe d'hôteliers a finalement été redirigé vers le Bureau de la concurrence.
Joint par Le Soleil la semaine dernière, le porte-parole du Bureau, Greg Scott, a invité les hôteliers et les clients insatisfaits à y déposer une plainte s'ils se sentent floués. Puisque, selon lui, quelques dispositions des lois canadiennes peuvent être évoquées, comme celle liée à la fausse représentation, à l'abus de position de dominance ou encore à la fixation des prix. 
Malgré cela, Annick Papillon ne décolère pas.  «Il n'a rien fait, il s'en est lavé les mains», dénonce celle qui juge que le conservateur aurait dû se préoccuper du sort des représentants de l'industrie puisqu'il s'agit de son dossier. Même si elle reconnaît que le Bureau de la concurrence relève du ministère de l'Industrie, elle est d'avis que le ministre Bernier aurait pu faire avancer les choses.
De son côté, la députée souhaite que le comité permanent de l'Industrie convoque les différents acteurs dans le domaine du tourisme pour entendre parler des irritants du milieu. Elle annonce également qu'elle déposera à l'automne un projet de loi afin de donner plus de mordant au Bureau de la concurrence. «Il doit avoir davantage les coudées franches pour mener ses propres poursuites et accélérer les procédures», plaide-t-elle.
Au gouvernement du Québec, la porte-parole de la ministre du Tourisme, Cynthia St-Hilaire, fait valoir que la plateforme BonjourQuébec a été modifiée afin de donner davantage de visibilité aux hôteliers. Une campagne de publicité à l'automne devrait donner un nouvel élan à l'initiative lancée après qu'un comité s'est penché sur la problématique des sites de réservation en ligne.