L’acquisition de Webcom, la première de Marquis Imprimeur à l’extérieur du Québec, portera la capacité de production annuelle des trois usines du groupe à plus de 100 millions de livres.

Marquis Imprimeur avale Webcom

Marquis Imprimeur fait des emplettes. L’entreprise de Montmagny, dans Chaudière-Appalaches, met le grappin sur Webcom, une compagnie torontoise spécialisée dans la fabrication de livres.

La direction a annoncé la nouvelle aux employés, mercredi matin. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.

Cette acquisition, la première à l’extérieur de la province, portera la capacité de production annuelle des trois usines du groupe, basées à Montmagny, à Toronto et à Louiseville, à plus de 100 millions de livres. Actuellement, l’entreprise en produit environ 50 millions par année.

«Cette transaction fait de notre entreprise le plus important fabricant de livres au pays», s’exclame Serge Loubier, président et chef de la direction. «C’est la preuve de notre confiance dans l’avenir du livre imprimé. Elle nous aidera à mieux relever les défis du secteur de l’édition et de l’impression de livres qui est en pleine mutation. Et il s’agit d’un nouveau jalon stratégique sur le parcours qui fera de Marquis un leader nord-américain dans l’impression de livres», poursuit-il.

Grâce à cet accord, la famille Marquis est passée de 430 à 600 travailleurs au cours des derniers jours. Les propriétaires de Webcom sont devenus, quant à eux, des actionnaires de la compagnie québécoise.

«C’était important pour nous d’avoir une présence en Ontario comme porte d’entrée pour les États-Unis. C’est un marché important pour nous», note au bout du fil le patron depuis 2007, précisant avoir déjà des bureaux de vente du côté de Boston.

Investissement et partenariat

Depuis plusieurs mois, l’entreprise de Montmagny, qui compte environ 150 travailleurs à son siège social, a le pied sur l’accélérateur pour augmenter sa productivité et ses recettes. L’objectif de la direction est de devenir le leader en Amérique du Nord.

Pour y parvenir, d’autres acquisitions à moyen terme sont dans les cartons, principalement du côté du pays de Donald Trump. Mais motus et bouche cousue sur ces possibles transactions, car rien n’est signé.

En juin dernier, la direction avait annoncé un investissement de 9 millions $ pour l’ajout de trois chaînes de production à jet d’encre à l’usine de Montmagny. Les travaux sont toujours en cours.

Une entente de partenariat avait également été signée avec l’entreprise américaine EPAC, spécialisée dans l’interconnexion des équipements d’impression.

«Au-delà de l’amélioration de la production, notre plus grande priorité est de conserver une solide relation avec nos clients et de produire leurs livres le plus rapidement possible», affirme M. Loubier.

Marquis brasse principalement des affaires au Canada, aux États-Unis, et en Europe. La compagnie compte environ 3000 clients sur la planète. Grâce à sa récente entente avec EPAC, l’imprimeur peut aujourd’hui imprimer «rapidement» des publications à travers le monde, notamment en Asie et en Amérique.

«Ce qu’on dit à nos clients, c’est qu’aujourd’hui, ils peuvent avoir leur livre partout aux États-Unis ou en Europe. Et nous pouvons l’imprimer en cinq jours», fait valoir le président.

Marquis, qui possède un chiffre d’affaires d’environ 100 millions $, produit des livres, mais également des agendas scolaires, des albums de finissants, des bandes dessinées et des catalogues.

En 2012, la direction avait acheté deux imprimeries de Transcontinental, l’une à Sherbrooke — elle est fermée — et l’autre à Louiseville, en Mauricie. Depuis 2007, l’entreprise a réalisé sept acquisitions.